Que dirait aujourd’hui Monteils devant les tubes noirs qui ont remplacé les cascatelles ?

Un de nos adhérents nous a communiqué un extrait de l’ouvrage « Rouergue, terre de vieille France », qui évoque salles-la-source quelques années après la construction de l’usine électrique en 1932 (pour mémoire, en toute illégalité). Cet ouvrage est paru en 1937, sous la direction du Dr Joseph Ayrignac, directeur-fondateur de la « Solidarité  Aveyronnaise » à l’occasion du trentième anniversaire de l’association et également de l’Exposition Internationale de la même année.

« Cet ouvrage n’est à vrai dire, écrit Marie Allo dans « la Croix » du 18 novembre 1937, qu’un numéro spécial du bulletin public, mais il mérite les honneurs d’une chronique attentive et chaleureuse. Vingt-neuf personnalités ont collaboré a des titres divers, mais extrêmement appréciables à ]a rédaction de ce volume de 135 pages, d’une présentation luxueuse et d’une tenue littéraire hors de conteste. Le Rouergue n’est pas « en carton-pâte et ne saurait tolérer chez ses militants la médiocrité. Plus qu’ailleurs, un dilemme se pose en terre aveyronnaise : être fort ou disparaître. « Le feu du Rouergue transforme le fer en acier, mais il brûle la paille. »

rouergue-terre-vieille-fran

Voici ce qui est écrit concernant Salles-la-Source, quelques année après l’inauguration de la micro-centrale :

« Le premier gros bourg par lequel, venant de Rodez, l’on accède au Vallon, c’est Salles-la-source, encore à demi caussenard. Au sortir du causse et de la gorge étroite, encaissée entre les hautes falaises, c’est ici que le Vallon apparaît soudain, au détour brusque de la route.

Les colline s’élargissent, les terrasses de vigne montent à l’assaut des pentes, et le créneau, après quelques bonds dans les rochers va désormais s’élargir et paresser au milieu des prés. Salles-la-Source possède un décor incomparable de tufs, de châteaux, de grottes, de terrasses, mais hélas ! ses cascades sont mortes. On a emprisonné l’eau vive, mal défendue contre un barbare utilitarisme, dans de lourds tuyaux qui vont alimenter une usine hydroélectrique, et ses cascades ne se ranimeront qu’à la saison des grandes eauxet parfois aux jours de fête votive. « Ah! s’écriait dans son enthousiasme le bon historien Monteils, si Fénelon eût vu ce beau vallon, cette belle verdure, ces belles eaux, cette belle grotte, l’île de calypso en eut été plus délicieuse, et ses nymphes plus séduisantes… »

Que dirait-il aujourd’hui devant les tubes noirs qui ont remplacé les cascatelles ? »

salles-la-source-vellon--li

En parcourant le village de haut en bas depuis la falaise jusqu’à l’usine hydroélectrique, on aperçoit les « tubes noirs, évoqués dans ce texte et inchangés depuis plus de 80 ans :

tube-noir-1

tube-noir-2

tube-noir-3

tube-noir-5

tube-noir-4tube-noir-6

One Response to Que dirait aujourd’hui Monteils devant les tubes noirs qui ont remplacé les cascatelles ?

  1. […] 1 : une autre version de cet ouvrage a déjà été présentée sur ce site en 2014. La description de Salles-la-Source en est différente mais le cri de colère contre les […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *