Viure al pais, l’émission de France 3, nos réponses à l’exploitant

 L’émission de France 3, « Viure al pais  » de Benoit Roux a été diffusée le dimanche 25 novembre sur les régions Midi-Pyrénées, Aquitaine et Languedoc-Roussillon. On peut la revoir en ligne sur le site de Viure al pais. 

REDIFFUSION de l’émission le 30 juin 2013 !

« Ranimons la cascade décode et répond ici aux propos de Jean-Gérard Guibert, le gérant de la microcentrale :

L’ensemble du reportage est éclairant sur les enjeux du combat pour la cascade qui, on l’aura compris, est un aussi un combat contre les innombrables dénis de démocratie qui entourent le parcours de ce dossier.

L’intervention de Jean-Gérard Guibert, gérant de la microcentrale, qui paraît dans le reportage beau parleur et sûr de lui, mérite quelques réponses et précisions que nous publions ici :

Argument N° 1 : « Le conflit a très probablement une origine générationnelle. Mes opposants sont de l’autre génération, ceux-la qui étaient présents lors de la création de la centrale »

Réponse : les 248 adhérents de « Ranimons la cascade ! »  sont d’âges et d’origine très diverses. Aucun d’entre eux n’était présent à salles-la-Source en tant qu’adulte en 1930. Un quart des membres appartiennent au village de Salles-la-Source, un autre quart, au reste de la commune, un troisième quart provient de la région ruthénoise ou du Vallon de Marcillac. Le dernier quart est originaire de l’ensemble du territoire français. Tous sont très attachés au site mais  peu connaissent l’histoire ancienne et tumultueuse des 80 ans d’illégalité qui ont jalonné l’histoire de la centrale…

Dès le premier rassemblement d’opposition populaire du 3 juillet 1910, les jeunes, les familles et enfants sont venues nombreuses :

Par ailleurs, la décoration de la cascade lors de la période de Noël 2011 a été réalisée à l’initiative des élèves et parents d’élèves de l’école de Salles-la-Source dont beaucoup ne sont pas originaires de Salles-la-Source :

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Argument N0 2 : « La centrale a été gérée pendant 60 ans par une tierce personne. La communication ne s’est pas faite. Moi, quand je suis arrivé en 1996, j’ai été devant beaucoup de situations de fait accompli. »

Réponse : certes la situation a été conflictuelle dans le village depuis l’origine du projet, du fait qu’il a été réalisé illégalement. Cependant l’arrivée de M. Guibert en 1996 a agravé la situation. Sa gestion calamiteuse des relations avec le village, ses prélèvements hors du raisonnable de l’eau de la cascade, les procès qu’il a intenté  (et perdu) contre la Municipalité et contre un ancien propriétaire de moulins en sont la preuve.

Ceci peut être illustré par un courrier à la préfecture, du 3 décembre 2005, de l’ancien Maire de Salles-la-Source, Bernard Cazals qui écrivait : « Le gérant est un homme injoignable. Tous les courriers recommandés avec accusé de réception nous reviennent. Cela fait plus d’un an qu’on ne l’a pas revu à Salles-la-Source. La Centrale est un « bateau ivre » sans pilote ».

Et lors de l’enquête publique, il écrivait également :

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Argument 3 : « Il y avait certaines pratiques qui n’étaient pas très honorables. Par exemple, la centrale continuait à alimenter des familles dans le village de Salles-la-Source, lors que depuis 1946, il existe un monopole, celui de la distribution de l’électricité par EDF et qu’on le violait allègrement. » 

Réponse : l’affaire évoquée, qui concerne un ancien propriétaire d’un moulin de Salles-la-Source, a été jugée en première instance par le TGI de Rodez, le 18 juin 1999 et en appel par le tribunal de Montpellier le 17 avril 2001.

La Société hydroélectrique  a dénoncé en 196  les conventions liant la Société aux familles R et C. Or il était convenu dans ces conventions que le jour où la société ne fournirait plus l’énergie équivalente, elle devrait fournir à nouveau la même énergie hydraulique. La famille R a demandé que lui soit restituée cette énergie ou que l’équivalent lui soit octroyé sous forme de paiement de dommages et intérêts.

Le premier jugement comme l’arrêt de la cour d’appel ont condamné le Société Hydroélectrique à payer la somme de 243 400 €, ce qui a d’ailleurs été à l’origine de sa mise en redressement judiciaire en 2006. Elle a d’ailleurs, par le même procès, perdu les droits d’eau sur un des anciens moulins.

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 Argument 4 : « En fonction de la ressource en eau, on arrive à mettre environ 122 litres parseconde le jour. La nuit, c’est réduit à 44. Pourquoi ? Parce qu’en ayant eu contact avec certaines associations, on nous a dit : « mais pourquoi vous la faites couter la nuit ? » Et effectivement, c’est frappé au coin du bon sens. La nuit, persone ne peut l’admirer. Donc, on réduit le débit pour pouvoir l’alimenter en plus le jour. C’est une régulation, ce que permet d’ailleurs la loi. »

Réponse : L’utilisation de l’eau  est un monopole de l’Etat qui seul peut autoriser à turbiner ou non l’eau d’un ruisseau. La restitution d’une partie de l’eau captée par le barrage « selon le bon plaisir » de l’usine hydroélectrique est en totale contradiction avec l’article 1 de la loi de 1919 : « Nul ne peut disposer de l’énergie des marées, des lacs et des cours d’eau, quel que soit leur classement, sans une concession ou une autorisation de l’Etat. » Le « réglement d’eau » est donc fixé par l’Etat et n’est donc pas une option facultative pour l’exploitant, au gré de ce que voudraient « certaines associations » sans doute d’ailleurs purement imaginaires.

Le règlement d’eau a été totalement baffoué depuis 1980, l’Administration y étant comme indifférente.   Les 200 litres/seconde ausquels l’entreprise était contrainte les samedi et dimanche ont rarement été respectés durant 32 ans de concession. Le projet en cours de discussion à la préfecture prévoyait un débit réservé de 70 litres/seconde à la source (et non restitués par une vanne d’alimentation juste en amont de la cascade !) ainsi que des débits plus élevés selon les jours et périodes de l’année.

A noter que de 1996 à 2008, la situation s’est agravée, cascade étant totalement pillée par l’exploitant qui a turbiné tout ce qu’il a pu au delà du raisonnable. Depuis 2008, à l’approche du dépôt d’une nouvelle autorisation, il a ouvert la vanne en amont de la cascade, en période d’été et à des horaires de son choix. La « publicité » parue dans  Centre-Presse le 1 mai 2010 est révélatrice d’un certain état d’esprit de quelqu’un qui se sent au dessus des lois et propriétaire de bien commun qu’est le ruisseau qu’il « restitue », à son bon vouloir, quand et comme il veut…

 Publicité dans Centre-Presse – 1 mai 2010 (mois précédent l’ouverture de l’enquête publique)

 

Vanne d’alimentation de la cascade : elle montre que la cascade n’est plus une rivière naturelle mais l’écoulement, commandé à distance, d’une conduite forcée.

 

Reviscolèm la cascada ! 

One Response to Viure al pais, l’émission de France 3, nos réponses à l’exploitant

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