Observations de l’association « Comite Causse Comtal »

L’assocation « Comité Causse Comtal » nous communique son analyse et ses prises de position  concernant l’avenir de la cascade de Salles-la-source et la demande d’autorisation d’exploiter la chute hydroélectrique de la vallée de Salles-la-Source.

Cette association « veille à ce que toute activité publique ou privée s’exerce dans le respect de l’environnement et du cadre de vie des habitants du Causse Comtal et de ses environs » :

1/ La politique énergétique

L’énergie est indispensable pour vivre. A ce titre, elle est un bien commun et doit être gérée par la collectivité.

Mais, sur terre, la surconsommation débridée côtoie des pénuries criantes. Un Français consomme 300 fois plus d’électricité qu’un Ethiopien.

L’état des lieux est alarmant : épuisement des ressources fossiles (les ressources en pétrole sont estimées à 40 ans au rythme de la consommation actuelle, celles de l’uranium à 50 ans et celles du charbon à 3 siècles) et des atteintes à l’environnement. Les conséquences économiques et écologiques seront importantes :

  • des produits de plus en plus difficiles à extraire et des tensions de plus en plus importantes entre l’offre et la demande, entraîneront une déstabilisation des prix.
  • des changements climatiques, des rejets de gaz à effet de serre, des pollutions radioactives, des pluies acides.

Il est urgent de mettre en place une politique énergétique qui :

  • favorise les projets d’économies d’énergies (lampes à basse consommation, réglage des éclairages urbains, transport collectif, recyclage des matériaux, habitat bioclimatique,…) développe la production d’énergies renouvelables (hydraulique, énergie des mers et océans, solaire, bois, bio gaz, bio carburant, géothermie, éolien,…) décentralisées, inépuisables, peu polluantes et dont le coût sera rapidement inférieur à celui des énergies fossiles

 

2/ Les énergies renouvelables

La signature en 1997 du protocole de Kyoto sur les risques de changements climatiques marque une étape dans la redéfinition de la politique énergétique en France.

Le 5 novembre 2000, les ministres européens de l’Industrie adoptent le projet de directive sur la promotion des énergies renouvelables (en 2010, 22,1% de l’électricité consommée dans l’UE doit être produite à partir d’énergies renouvelables).

La France accepte l’objectif de 23% en 2020, alors que la production actuelle est de 15%, notamment grâce aux barrages hydroélectriques, à l’éolien et aux photovoltaïques.

La prolifération de projets privés est basée essentiellement sur la rentabilité de ces sources inépuisables d’énergie et non sur les besoins des personnes.

L’énergie étant un bien commun, le Comité Causse Comtal estime que ces projets devraient être portés et gérés par des organismes publics, afin de fournir de l’électricité aux collectivités (écoles, crèches, hôpitaux, mairies, postes, gares, éclairage public…) et de garantir à tous, et en particulier aux plus démunis, un même accès à l’énergie électrique.

 

3/ Exploitation de la chute hydroélectrique de la Vallée de Salles-La- Source

Observations de l’association sur le dossier d’enquête publique.

 

3-1/ Nous nous interrogeons sur le sérieux du projet :

– Vétusté de la conduite : la dernière expertise fournie date de 1971.

– Incohérence du calendrier : demande d’autorisation d’exploitation, avant même d’avoir fait la demande de travaux pour le changement de la conduite.

– Incohérence sur le dimensionnement de l’installation : capacité de la conduite le double du débit moyen (Conduite : 1500 l/s (1,5 m3/s débit : 700 l/s) avec une réserve de 5000 m3.

Soit : 5000/1,5 = 3300 secondes (moins d’une heure d’autonomie de la centrale fonctionnant à plein régime).

– Peu d’efforts pour préserver l’environnement : Rien dans l’étude d’impact sur l’aménagement préconisé pour l’entrée et la sortie des chiroptères de la salle souterraine où se trouve le captage (cf. : avis du Préfet de Région 3.2, sur la prise en compte de l’environnement) et rien sur la biodiversité dans le tronçon court-circuité du lit du Créneau : « Aujourd’hui le régime influencé du cours d’eau est très éloigné de son fonctionnement naturel. Le défaut d’alimentation superficiel occasionne un déficit dans l’alimentation des aquifères, favorisant indirectement l’infiltration « en grand » (pertes) plutôt que par  percolation lente ce qui aggrave la carence en créant un cercle vicieux » (avis du Préfet de Région 2.2.b).

 

3-2/ Nous nous interrogeons sur les engagements et le respect de la loi de la part dupétitionnaire :

– La centrale hydroélectrique fonctionne illégalement, sans autorisation depuis le 31 décembre 2005 (cela n’a d’ailleurs pas l’air de beaucoup gêner les autorités compétentes !)

– La redevance due à la municipalité de Salles-La-Source n’a pas été versée depuis 2005 !

– Le débit réservé du ruisseau Créneau (article L. 214.18 du C.E.) n’a jamais été respecté entièrement, en particulier pendant la période estivale.

 

3-3/ Nous nous interrogeons sur l’impact négatif sur l’environnement :

– Assèchement illégal souvent relevé, par le détournement de 850 m de ruisseau, en particulier en période estivale et ses conséquences sur la flore et la faune, sur la fragilisation des falaises à travertin pouvant entraîner leur éboulement (p 5). Cette pénurie ne peut être qu’accentuée par le projet d’augmentation du diamètre de la conduite forcée (de 700 mm à 900 mm).

– Aucune solution n’est apportée à la destruction quasi totale de l’éco-système et de la qualité physico-chimique et biologique du cours d’eau et au manque de dissolution de la pollution existante. Au contraire le pétitionnaire demande une diminution du débit réservé, d’ailleurs déjà peu respecté (avis du Préfet de Région, 2.2.b).

– Peu d’améliorations pour corriger les conséquences des éclusées sur la vie aquatique en aval de la centrale (augmentation de l’amplitude thermique, obstruction des frayères à truites Fario…)

– Le village de Salles-La-Source est situé en zone ZNIEFF I, en outre il « fait l’objet d’une inscription à l’inventaire des sites naturels inscrits par décret du 22.11.1945 pour ses intérêts esthétiques et historiques » (cf. : p 2 1.1 Présentation du projet).

Nous imaginons très mal de nouveaux travaux, qui auront forcément un impact visuel accentué (projet de conduite forcée plus importante) sur ce site extrêmement sensible. Il serait urgent de bannir les pratiques peu scrupuleuses et d’exiger une cohérence entre ces pratiques et les textes en vigueur. – La vie du village et des alentours est rythmée sur celle de sa célèbre cascade, présentée dans tous les dépliants touristiques nationaux et internationaux. Est-il concevable de supporter encore longtemps, notamment pendant la période d’étiage de la rivière, les humeurs financières des pétitionnaires irresponsables ?

 

4/ Conclusions


L’association agréée « Comité Causse Comtal » :

  • insiste sur la mise en place d’une réelle politique des économies d’énergies,
  • réaffirme sa position en faveur du développement et de l’utilisation des énergies renouvelables, mais pas à n’importe quel prix !

En ce qui concerne le projet de renouvellement de l’autorisation de l’exploitation de la centrale hydroélectrique de la vallée de Salles La Source par la « S H V S S », l’association « Comité Causse Comtal » ne peut accepter :

  • Un projet qui lui semble peu sérieux (vétusté de la conduite, incohérence du calendrier et du dimensionnement de l’installation, peu respectueux du biotope…).
  • Un pétitionnaire ne respectant pas les engagements, les arrêtés et les textes de loi (exploitation illégale depuis 2005, redevance communale non versée, débit réservé non respecté…).
  • Un impact très négatif sur l’environnement (assèchement total du tronçon court-circuité en période d’étiage et ses conséquences sur le biotope et sur les falaises à travertin, régime néfaste des éclusées en aval, impact important en site inscrit et zone ZNIEFF I, influence désastreuse sur la cascade…).

L’association « Comité Causse Comtal »

– est favorable à l’exploitation de la chute hydroélectrique sous la réserve expresse qu’un débit réservé conséquent et constant, à définir par les autorités locales, soit maintenu à partir de la résurgence du Créneau et sur tout le cours de la rivière. Ce débit sera étalonné sans cesse.

– demande que l’exploitation en soit confiée à un syndicat mixte, à définir, composé de représentants des collectivités.

Remarque :

– Dans le cas où une exploitation hydroélectrique de la chute se réaliserait, nous suggérons la mise en place d’une commission de suivi afin de superviser la réalisation de l’installation et l’exploitation.

– Nous déplorons que par le passé la plupart des collectivités locales ne se soient pas engagées dans la gestion de l’exploitation et qu’elles aient laissé ainsi le champ libre à des intérêts privés.

 

Fait à Barriac le 10 juillet 2010
Le C.A. du « Comité Causse Comtal »

 

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