Un circuit pour comprendre le cheminement de l’eau à Salles-la-Source et ses évolutions dans le temps

Lors de la journée du patrimoine, le 20 septembre, « Ranimons la cascade ! » a organisé une visite commentée du site (haut du village), occasion de mieux comprendre le cheminement de l’eau. Largement alimentée par les pluies de la veille, les diverses sources, rivières et cascades ont pu être montrées au visiteurs.

Le cheminement de l’eau à Salles-la-Source peut se comprendre par l’histoire, la topographie et la géologie.

Les éléments majeurs à prendre en compte sont :

  • la pluviométrie
  • les transformations successives par l’homme des rivières et des dérivations des moulins
  • Le prélèvement d’eau par l’usine hydroélectrique et les restitutions auxquelles elle a été contrainte au fil du temps

Salles-la-Source est situé à l’émergence de la rivière souterraine qui traverse le causse Comtal depuis le nord de Sébazac en passant par le fond du Tindoul de la Vayssière. L’eau s’infiltre rapidement dans ce sol karstique et parvient à l’air libre porteur de débits très variables selon les saisons et les épisodes pluviométriques.

Plan de la rivière souterraine explorée pour la première fois par le spéléologue Martel en 1892
Débit moyens par mois de la rivière souterraine sur la période 1996-2006
A l’intérieur de chaque mois, on constate également une forte variabilité qui n’apparaît pas dans ce schéma.
L’évolution climatique a tendance a diminuer ces débits et accentuer les périodes de très haut ou très bas débit.

Même si de nombreuses traces du passé ont été détruites, pour qui les connaît, il est néanmoins possible de reconstituer les principales évolutions.

Deux dates clé les illustrent :

– 1830 : des industriels créent (sans autorisation) de grandes usines : filature, minoterie, papeterie… en remplaçant les anciens moulins proches de la grande cascade par de grands bâtiments et en captant un maximum d’eau pour les faire fonctionner. C’est à cette époque qu’est asséché le 3ème bras du Créneau qui longeait la falaise et rejoignait le trou Marite et que les industriels obtiennent la possibilité d’augmenter les débit de la dérivation afin d’actionner les roues à aube des usines.

Cadastre napoléonien (1803) : on distingue clairement le 3ème bras du Créneau qui passait derrière l’actuel cimetière et rejoignait le trou Marite et le ruisseau de la Gorge-au-loup
On distingue dans la cour intérieur de l’ancienne filature (actuel Musée du Rouergue) l’emplacement d’une des roues à aube qui ont remplacé les anciens moulins du Moyen-Age

– 1930 : la manufacture ayant besoin de toujours plus d’énergie pour ses usines crée (toujours sans autorisation, c’est devenu une habitude…) l’usine hydroélectrique et un barrage souterrain qui capte l’eau souterraine et lui expédie par une conduite forcée.

Plan du barrage souterrain construit dans la galerie souterraine principale dans les années 1930 (en forme de trapèze). Un second barrage a été construit sans autorisation en 1982 afin d’augmenter la réserve d’eau turbinable.
1930-1932 : une galerie secondaire est creusée dans la falaise pour faire passer la conduite forcée qui désormais n’alimentera plus les moulins.

Cette époque a notamment été marquée par la destruction de la réserve d’eau et de la Chaussée Saleilles. Celle-ci était bordée de lourdes pierres de tailles inclinées qui tenaient lieu de lavoir pour tout le haut de Salles.

Chaussée Saleilles et réserve d’eau des moulins jusqu’en 1930

L’époque récente a été marquée par la construction d’un deuxième barrage vers 1982, encore plus haut que le précédent, par un règlement d’eau de concession, mal appliqué, qui prévoyait d’alimenter la cascade le week-end, à partir d’un piquage sur la conduite forcée. Concrètement, cela n’a finalement fonctionné que le dimanche après-midi.

L’époque contemporaine a permis d’obtenir un débit réservé de 70 l/s permanent à la cascade (10% du débit moyen annuel de 700 l/s) et la réduction de la production hydroélectrique, dans l’attente de l’arrêt définitif de l’usine illégale.

Jusque vers 2012 (obligation du débit réservé), la cascade était à sec une grande partie de l’année

Une visite au trou Marite et à la Gorge-au-loup ont permis de comprendre le rôle particulier de cette deuxième rivière qui traverse le village, hélas désormais souvent asséchée et alimentent les cascades de la Vayssière et du saut de l’Arnus (seulement aujourd’hui lors des forts épisodes pluvieux).

Cascade du saut de l’Arnus (Carte Postale)

Une expérience qui a intéressé les visiteurs, à renouveler…

Dépêche du Midi (+ Midi-Libre et centre-Presse) – 27 septembre 2020 : « Salles-la-Source : Histoire d’eau dans le village »

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