« Ranimons la cascade ! » écrit à Danièle Polvé-Montmasson

L’association « Ranimons la cascade ! » ne cesse d’interpeller la préfète, Danièle Polvé-Montmasson, sur l’avenir de la cascade de Salles-la-Source. Après deux interventions auprès du délégué du Médiateur de la République, Raymond Molina, la préfète a fini par nous répondre, de manière très argumentée, sur les aspects juridiques du dossier, reprenant sur plusieurs points les mêmes arguments que précédemment que nous contestons et omettant de répondre à d’autres et enfin montrant sa très mauvais connaissance de l’histoire et de la géographie de Salles-la-Source…. Le fond du dossier n’est même pas abordé…  Le ton même de la lettre révèle cependant que la belle assurance de la préfecture est enfin ébranlée et que nos arguments commencent à inquiéter.

Par la lettre ci-dessous les représentants de l’association, par la voix de leur président, faisons le constat des divergences de vision sur la plupart des points et annonçons nous en remettre aux juges en cas de d’avis favorable et de signature de l’arrêté par la préfète. Cependant, voyant la préfecture trouver de parades au fur et à mesure que nous leur apportons des arguments,  nous ne répondons pas point par point à cette lettre afin de garder un maximum de chances de voir casser l’arrêté au Tribunal administratif…

Nous lui adressons en complément les photos de débit qui permettent de visualiser et afin que la décision soit prise en toute connaissance de cause. Voir « Débits en débat » et les divers témoignages reçus en commentaires de la pétition : « Paroles d’indignation« , « Paroles d’émerveillement », « Paroles pour défendre le patrimoine et l’environnement »,  » Vos encouragements » ainsi que la lettre « Quel avenir pour la cascade ? » distribuée aux habitants de la commune.

Rappellons que la préfète n’a jamais personnellement rencontré de représentants de l’association depuis bientôt 8 mois que dure cette lutte .

Ranimons la cascade !

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Cette photo, montrant la cascade de Salles-la-Source avec un débit d’environ 200 l/s,  est issue de la page« L’Aveyron, un département riche de son patrimoine » du site officiel de la préfecture.
En haut de page est écrit : « Chaque jour les services de l’Etat vous accompagnent en Aveyron » (SIC) A noter que M. Rech, chef du service de la police de l’eau, qui instruit le dossier, a toujours refusé de nous recevoir pour aborder les aspects techniques du dossier.

 

Vous trouverez en bas de page la lettre complète de la préfète, publiée intégralement par Centre-Presse, le 2 février et avant notre courrier du 28 janvier :

 » Madame la préfète,

Par votre courrier daté du 13 janvier 2011, vous avez répondu à nos courriers des 15 et 30 novembre 2010 et nous vous remercions.

A de multiples reprises et par de multiples moyens, nous avons essayé d’attirer voter attention sur la cascade et l’intérêt patrimonial du site de Salles-la-Source, par des rassemblements populaires, des communiqués de presse, une pétition en ligne et enfin par des  courriers administratifs. Pour quelques kWh, va-t-on sacrifier un site et un patrimoine de toute beauté, dans une décision à contre-courant de tous les messages publics sur la protection du patrimoine et de l’environnement, à contre-courant de la volonté collective exprimée fortement pas les habitants de Salles-la-Source, à contre courant enfin des tous les projets collectifs de développement touristique de notre territoire ?

Il semble bien que seuls nos arguments juridiques aient justifié votre réponse écrite.  Nous vous remercions pour les documents envoyés et la prise au sérieux de ce dossier.

Néanmoins, en ce qui concerne le fond du dossier, malgré les affirmations de votre sensibilité à notre cause que nous avons pu lire ici ou là sur la presse, nous ne retrouvons rien de tous cela dans votre réponse. Les questions de patrimoine, de biodiversité, de respect de la nature et des personnes qui y vivent, les questions d’environnement, de gestion de l’eau, sociales et économiques ne sont pas abordées, ignorées comme si elles n’existaient pas ou si elles n’avaient jamais été soulevées.

Reste la forme. Nous constatons que nous n’avons pas la même interprétation que vos servicesdes différents textes et documents de ce dossier complexe. Certains points et non des moindres restent sans réponse. Selon nous, le fait qu’il ait eu des passe-droits dans le passé ne justifient en rien de les perpétuer aujourd’hui. Les juges auront donc à se prononcer sur les différentes interprétations de même que sur l’authenticité ou la validité des documents et affirmations produits par le pétitionnaire, sur votre propre interprétation des textes ainsi que sur les diverses étapes de la procédure. Nous avions espéré une ouverture à la négociation de votre part car nous pensions que vous pouviez être garante de l’équité entre les différents protagonistes et de l’intérêt général. Nous sommes obligés de constater qu’il n’en est pas question. Cela ne fait qu’accentuer notre détermination.

L’actuel concessionnaire auquel vous semblez prête à accorder une nouvelle autorisation d’exploiter a pourtant prouvé en de multiples occasions dans le passé qu’il n’était ni fiable, ni digne de confiance. Le non-respect de ses engagements, financiers notamment, l’opacité de sa gestion, les nombreux exemples de désinformation dont fait preuve sa demande d’autorisation et sa réponse au commissaire enquêteur, le non-paiement de la redevance due à la commune pendant plus de cinq ans, enfin son mépris pour les élus et la population de Salles la source laissent mal augurer d’une cohabitation sereine dans le futur.

Les actionnaires de la Société Hydroélectrique malgré leur renouvellement générationnel seraient- ils comme au bon vieux temps au dessus des lois ? Quelles pressions sont exercées, au sein du Ministère pour maintenir à tout prix les avantages exorbitants concédés à un groupe d’intérêt particulier au mépris des lois et  au détriment  des populations, qui perdurent et contraignent encore votre administration à interpréter des textes au seul avantage du pétitionnaire et à oublier les errements du passé ?

Vous le savez bien, nous avons des soutiens de personnalités de tous bords. Beaucoup nous ont affirmé vouloir vous prendre contact avec vous pour plaider notre cause, ce qui ne fait que nous conforter . C’est donc qu’elle paraît pertinente, juste et porteuse d’avenir pour beaucoup. C’est dans cet esprit que nous continuons notre travail pédagogique d’explication des faits et de l’attitude partiale de vos services et notre mobilisation s’amplifie de jour en jour. La demande d’adhésion récente à notre association du Centre de vacance de Pont-les-Bains en est un exemple convainquant. Comment imaginer en effet qu’un territoire qui mise sur le tourisme se prive de cette manière d’un élément majeur de son attractivité et de son identité ?

Avant de prendre votre décision finale, et pour compléter votre information, je vous fais parvenir aussi quelques photos de différents débits, mesurés par nos adhérents dans diverses conditions et qui éclairent concrètement l’enjeu du choix qui se présente à vous. Merci de les comparer avec celles qui vous ont été fournies en exergue des dossiers du pétitionnaire ou du commissaire enquêteur. Nous nous y voyons une tromperie manifeste du lecteur.

Je me permets aussi de vous inviter à relire les cris du cœur que de multiples anonymes inscrivent jour après jour sur la pétition en ligne qui vous est adressée. Si nous n’avons pas su trouver les mots justes pour ébranler vos convictions et trouver le courage de passer outre les pressions politiques évidentes sur ce dossier, peut-être ces messages sauront-ils vous toucher…

Si nous sommes déterminés, nous n’en restons pas moins ouverts à toutes discussions avec vous-même, ayant pour seul but la recherche d’une solution équitable pour chacune des parties dans le respect des lois.

Dans le cas contraire,  ayant travaillé dur et en profondeur sur tous les aspects historiques et juridiques de ce dossier et, conseillés par nos juristes qui nous ont signalé un ensemble de lacunes et de fragilités dans votre argumentation, nous saisirions, comme annoncé, le Tribunal Administratif. Nous sommes confiants en la Justice et sereins sur ce dossier.

Veuillez agréer, Madame la préfète, l’expression de notre considération distinguée.

Le président,

Bernard Gauvain

P.J. :

  • Photos de divers débits
  • Cris du cœur sur la pétition
  • Lettre aux habitants de Salles-la-Source

P.S. : Copie pour information à la presse régionale
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Lettre de la préfète à « Ranimons la cascade ! » du 13 janvier 2011 :

 

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Cliquer ci-dessous pour voir l’image agrandie  et lire le texte

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