Quand Pierre Carles, l’enfant terrible des médias, rencontre les défenseurs de la cascade de Salles-la-Source

Pierre Carles, l’enfant terrible des médias, était ce samedi 27 avril à Salles-la-Source, invité de l’association : « Ranimons la cascade ! », à l’occasion de la projection publique du film « Pas vu pas pris », réalisé en 1998, interdit de projection à la télévision, mais qui l’a toutefois fait connaître du grand public.

Le débat qui a suivi était animé par Yves Garric, lui-même ancien journaliste de la Télévision publique.

Pierre Carles est un réalisateur et documentariste français. Il débute sa carrière à la télévision dans les émissions de Bernard Rapp, Thierry Ardisson et Christophe Dechavanne. Il y réalise notamment un reportage sur une fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d’Arvor.

Pierre Carles cesse de travailler à la télévision à partir de la non-diffusion de son reportage intitulé Pas vu à la télé par la chaîne Canal+. Il construit alors un film, Pas vu pas pris (1998), qui montre comment son reportage a été censuré à la télévision. Il travaille alors en tant que réalisateur indépendant et réalise divers films dont un sur le sociologue Pierre Bourdieu (La sociologie est un sport de combat) ou le tout dernier (Hollande, DSK etc.) ou comment les medias fabriquent et orientent les électeurs vers certains candidats.

Pas vu pas pris est un film documentaire français (1998), premier volet de la trilogie de Pierre Carles consacrée aux médias et plus particulièrement au fonctionnement interne de Canal+ et des grands médias nationaux. Le documentaire montre les relations étroites qu’entretiennent les vedettes du journalisme et les hommes politiques, et dénonce la « fausse impertinence de certains journalistes »  (Wikipedia).

Cette soirée a permis de :

débattre sur le rôle des medias, sur les collusions et connivences au sommet de l’Etat et des vedettes des medias, en évoquant la ténacité necessaire pour tenir un discours (vraimment)  critique sur ceux-ci.

Rappeller les criantes irrégularités du dossier d’autorisation hydroélecrique de Salles-la-Source qui suscitent malgré tout la bienveillance des services de l’Etat qui ferment l’oeil sur des faits, à nos yeux, extrêmements graves.

Tirer quelques leçons communes de ces deux expériences.

A propos des médias :

– En réalisant « Pas vu pas pris », nous a dit Pierre Carles, j’ai été confronté à des puissants qui ne voulaient pas reconnaître les abus de pouvoir dont ils étaient coupables.

– S’en prendre à Canal+, dont j’ai été finalement licencié, c’est un peu le combat du pot de terre contre le pot de fer, cela semble perdu d’avance. Pourtant mon film a finalement été diffusé en salle et a été vu par 140 000 spectateurs ce qui m’a donné les moyens financiers de devenir moi-même réalisateur et de mettre en chantier d’autres films. Mais j’ai dû en payer le prix : mes sept long mètrages sont depuis tous interdits de diffusion à la télévision.

– La télévision est devenue une entreprise de résignation. Tout ce qui est de l’odre d’imaginer une autre société est considéré comme le fait de gens farfelus ou de doux rêveurs. Au fond le message implicite est que le capitalisme libéral est ce qu’il y a de moins mauvais.

– Les très hauts salaires des journalistes vedettes de la télévision et des chaînes privées font qu’on « achète » les journalistes. On n’ose plus « cracher dans la soupe » ou « trahir son propre milieu ».

– L’enquête révélait ainsi l’autocensure qui règne chez ceux qui prétendent à une critique sans tabous, et notamment chez Canal + qui se targue de se moquer de tout avec humour.

– Dans mon film « Fin de concession », je raconte comment la première chaîne a été concédée au privé, le cahier des charges initial de concession n’a jamais été respecté. Malgré cela la concession a été plusieurs fois renouvelée… Ce dernier point nous ramène à l’ancienne concession hydroélectrique de Salles-la-Source, dont le cahier des charges n’a semble-t-il à peu près jamais été contrôlé…

A propos du projet d’autorisation de l’usine hydroélectrique :

– Depuis trois ans, « Ranimons la cascade ! » dénonce infatigablement les irrégularités immombrables du projet sur lesquelles l’Administration a décidé de fermer les yeux, comme elle l’a fait de par le passé avant et lors de la concession qui s’est achevée en 2005.

– Un ancien cadre de banque, sprécialiste de l’analyse comptable et financière a analysé l’ensemble des bilans de la société hydroélectrique, à partir des exemplaires déposés au greffe du tribunal de commerce de Rodez : « C’est ahurissant ! En 40 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça ! Tous les bilans sont faux  et truffés d’erreurs. Et lorsque l’entreprise a déposé son bilan en 2006 (On dit pudiquement « a été admise au bénéfice du redressement judiciaire »), elle va en sortir quinze mois plus tard simplement en disant « voila, j’ai maintenant de quoi payer mes dettes ! » C’est un cas que je n’avais jamais encore rencontré…  Le 31 janvier 2007, elle avait au bilan 3417 € et 15 jours plus tard, « miraculeusement » , elle déclare en posséder 125 000 € qu’elle a sorti sans doute de son chapeau et elle peut redevenir une entreprise « normale » !

– Ce dossier est d’un bout à l’autre un déni de démocratie. Somme-nous en République bananière ?

– Raymond Séguret, premier adjoint au Maire de Salles-la-Source, nous informe que, malgré la décision de Justice qui demande le paiement immédiat, la trésorerie de Marcillac est très prudente pour exiger le paiement des 6 années de redevance municipale, confirmées par le Tribunal Administratif de Toulouse. L’affaire risque donc de durer… Quel citoyen parmi nous aurait droit à une pareille clémence ?

L’affaire Cahuzac est évoquée à plusieurs reprises : « du point de vue de la morale, ce qui se passe ici est aussi grave. Il y a  de graves soupçons de fraude sociale et fiscale et l’Etat, bien qu’informé, ferme les yeux, chaque service renvoyant la responsabilité vers les autres ». Quand au premier Ministre qui a reçu la motion de « Ranimons la cascade ! » de demande d’une enquête Administrative indépendante« , il a répondu que compte tenu de l’importance des faits signalés, il en informait le préfet de l’Aveyron ! ! ! ! ! ! !

Quelques leçons communes :

– Le point commun que révéle ces deux histoires est la mise à jour des connivences, de la familiarité, de la complicité naturelle, des relations quasi « incestueuses » dans le petit monde des hauts responsables, tous issus des mêmes écoles et du même milieu, chez qui on ne brise pas le pacte, on ne dénonce pas les collègues par « solidarité professionnelle » ou par réflexe corporatiste.

– Dès qu’il s’agit d’un bien public, eau de source ou chaîne de télévision, l’intransigeance dans le respect des règles doit être de mise.

– C’est l’enchaînement du mensonge, l’un entraînant l’autre (ce qu’a expliqé Jérôme Cahuzac après ses aveux)  et c’est ainsi que cela devient une « affaire » ; Mais attention, plus on attend pour qu’elle éclate et plus cela fait de bruit !

– Face à ces situations qui paraissent au premier regard « perdues d’avance », nous ont ont rappelé Pierre Carles ainsi que Marie-Françoise Vabre, Conseillère Régionale, il faut tenir bon, ne rien lâcher, persévérer : « Soyez tenaces, Ne lâchez pas le morceau.  C’est votre force. V ous avez de votre côté le droit et la légitimité. Vous finirez par gagner ».

 Message reçu à 100% ! 

 

Annonce Centre-Presse – 27 avril 2013 :

 Annonce la Dépêche du Midi – 27 avril 2013 :

 

Centre-Presse – 9 mai 2013 : « un public averti pour le film « Pas vu pas pris » »

 

 

One Response to Quand Pierre Carles, l’enfant terrible des médias, rencontre les défenseurs de la cascade de Salles-la-Source

  1. […] témoigner à Salles-la-source également, Pierre Carles l’enfant terrible des médias, interdit de télévision pour avoir dénoncé la collusion […]

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