Position sur la cascade de Salles-la-Source des candidats aux législatives

(mise à jour au 14  juin 2017)

« Les promesses engagent ceux qui les tiennent »

« Ranimons la cascade ! » a interpellé les candidats aux législatives de la première circonscription de l’Aveyron sur l’affaire de la Centrale hydro-électrique de  Salles-la-Source. L’association leur a ainsi posé 3 questions en leur demandant une réponse écrite qui les engage durablement.

Au delà d’un vague soutien qui n’engage pas, « Ranimons la cascade ! » demande ainsi aux candidats de se positionner tant sur les aspects patrimoniaux et environnementaux que sur les fraudes diverses et variées qui accompagnent cette installation depuis 85 ans. Elle évoque aussi les lenteurs de la justice,  l’opacité et les refus de communiquer de l’Administration, le peu de prise en compte de l’avis des citoyens ou encore le rôle ambigu des conseils de communautés de communes qui ont désormais pouvoir de décision sur des citoyens qui ne les ont pas élus…

Avant le premier tour, nous avons reçu les réponse écrite de Pierre Defontaine de la France insoumise,  de Marie-Claude Carlin, supléante de Christian Lammens pour EELV et de Sarah Vidal du Parti Socialiste.

Au 15 juin, nous recevons la réponse de Stéphane Mazars, candidat LREM, que vous trouverez ci-dessous.

Composé de membres de sensibilités politiques différentes, « Ranimons la cascade ! » ne prendra pas position pour les législatives.

Rappel des 3 questions

1/ Soutenez-vous le combat de « Ranimons la cascade ! » pour restaurer définitivement le site de Salles-la-Source et des cascades ?
2/ Que proposez vous concrètement de faire pour nous aider dans notre combat pour la cascade, dans le cadre de votre possible futur rôle de député de représenter les citoyens de votre territoire et de contrôler de l’action du gouvernement ?
3/ Alors que la campagne présidentielle a montré le rejet massif de la fraude par les Français, quels engagements concrets pensez-vous prendre pour vous attaquer à celle-ci sur votre circonscription et soutenir ceux qui luttent contre elle ?

Réponses d’un candidat avant le deuxième tour

Stéphane Mazars – La République En Marche
« Lorsque j’ai eu l’honneur et le plaisir de remplacer Mme ESCOFFIER en tant que sénateur, à plusieurs reprises, je me suis rendu au Ministère de l’Environnement pour y rencontrer les Ministres qui s’y sont succédé et attirer leur attention sur le sujet, comme l’avait d’ailleurs fait elle-même Anne-Marie ESCOFFIER.
En tant que sénateur, mon premier rendez-vous es-qualité l’avait été aux membres de l’association « Ranimons la cascade », dans un cadre d’ailleurs convivial chez Mr Jean-Pierre BAUGUIL. J’ai pu me rendre compte que, même en étant parlementaire, il était difficile, sur ce dossier, d’avoir une action tangible, efficace auprès de l’Etat.
Je me suis réjouis de la nomination d’une mission d’inspection interministérielle. C’est un travail de qualité qui a alors été rendu. Et, c’est sur sa base, qu’enfin a été prise la décision prise par l’Etat, via Mr le Préfet, de ne pas conserver l’exploitation de la cascade par Mr GUIBERT dont les défaillances, justement de cette exploitation, ont été mises à jour et prises en compte.
Cette décision préfectorale a fait l’objet d’un recours devant le Tribunal Administratif.
De par ma profession, du mandat auquel j’aspire et en raison du grand principe de la séparation des pouvoirs, je m’interdis de vouloir m’immiscer aujourd’hui dans une procédure judiciaire
On ne peut que se résoudre désormais à être suspendu à une décision judiciaire. Et, des voies de recours sont encore possibles.
Si je suis élu député, j’aurai à cœur d’être un interlocuteur de proximité, de toujours aller relayer ce dossier auprès des autorités de l’Etat et de Mr le Préfet en Aveyron.
Je respecte aussi l’avis donné par la Commune de Salles la Source.
De plus, j’ai toujours considéré que pouvait être examinée une option d’exploitation raisonnée dans un cadre totalement  transparent dans lequel citoyens et collectivités auraient pu être majoritaires et conserver une identité.
Pour toutes ces raisons, votre dossier mérite que l’on y porte, chacun à sa place, les plus grandes attentions et vigilance. »

Réponses des candidats avant le premier tour

Pierre Defontaines – la France insoumise :

« Je dois d’abord vous redire comme je l’ai fait le 13 mai que j’aime beaucoup ce site de la cascade insérée dans le village et qu’aucune raison ne justifie de dégrader une beauté naturelle qui appartient à tous.

Dit de manière plus générale, l’intérêt commun doit passer avant un intérêt privé quel qu’il soit.

Votre lutte m’inspire deux types de réflexions que je m’engage à poursuivre dans mes futures responsabilités de député.

1) Il est incompréhensible que la résolution d’un problème de cette nature prenne autant de temps. Quelles qu’en soient les raisons, je prends l’engagement de me battre tout au long de la législature contre ces atteintes à la démocratie que sont le clientélisme et les lobbys, contre la délinquance en col blanc qui est trop souvent négligée aujourd’hui et contre toutes les fraudes et notamment les fraudes fiscales. Pour commencer, je signerai la charte de l’association Anticor qui se bat contre la corruption.

2) Il est nécessaire de développer les énergies renouvelables dans le but de passer à terme au 100% d’énergies renouvelables. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter sous ce prétexte qu’elle qu’en soit les conséquences. Cette transition énergétique doit être menée dans le respect de l’intérêt commun et doit suivre un plan d’ensemble et des objectifs réalistes. Cela veut dire qu’on ne peut laisser la responsabilité de cette transition à des intérêts privés qui, d’une part ne verront que leur intérêt financier immédiat et négligeront les nuisances qu’ils amènent et d’autre part n’investiront dans ce domaine qu’au rythme des profits attendus, c’est à dire très en deçà des besoins.  »

Marie-Claude Carlin, suppléante de Christian Lammens (EELV)

– J’approuve complètement l’action de l’association « Ranimons la cascade ! » qui lutte contre une utilisation abusive de l’eau de la cascade à des fins privées, en tout déni de démocratie de la part des autorités.

– Le rôle d’un député est aussi de représenter les citoyens de sa circonscription auprès de l’Assemblée Nationale. Je propose d’obtenir une enquête poussée auprès de la préfecture pour comprendre les causes de cet abus de pouvoir. Il peut également poser une question orale en séance ou une question écrite au sujet de ce cas qui illustre bien la mainmise du privé sur un bien commun qui ici est l’eau.

– Votre combat dure depuis longtemps, il y a du monde derrière vous. Alors qu’aujourd’hui, beaucoup des résignent, il y a une action offensive de votre part. D’une manière générale, un député se doit de dénoncer les fraudes et de les faire connaître à ses collègues. Nous pourrons essayer de mettre en route une enquête parlementaire. Nous pourrons essayer de mettre en place une enquête parlementaire qui tente de comprendre le pourquoi de ce si long déni de droit.

Sarah Vidal – Parti Socialiste

Vous avez souhaité m’interroger sur l’avenir de la Cascade de Salles-la-Source. Je vous en remercie.
Comme le savez, conseillère parlementaire au Ministère de l’Environnement, j’ai essayé d’œuvrer de manière constructive afin de trouver une solution relative à l’exploitation de l’usine hydroélectrique de Salles-la-Source.
Le Ministère a diligenté une mission d’enquête le 24 juin 2015, qui a abouti à l’arrêt de l’exploitation de la micro-centrale et à la reconnaissance du travail réalisé par l’association « Ranimons la Cascade ! ». Elle a également pris acte du fiasco administratif, qui dure depuis 1932.
Après consultation des élus municipaux et inter-communaux, la décision a été prise d’arrêter l’exploitation.
L’ancien exploitant conteste la décision de l’Etat et a déposé un recours en justice.
Au regard des contentieux en cours, il est aujourd’hui difficile de prendre position. L’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs doivent être respectées.
Concernant les trois questions que vous avez bien voulu me poser :
1/ Je soutiens avant tout l’action citoyenne et le droit aux acteurs de terrain (élus, associations, citoyens…) de choisir le projet qui leur semble le mieux adapté pour la cascade de Salles-la-Source. Ce choix doit reposer sur le respect du cadre légal et des décisions de justice.
2/ J’ai démontré en tant que conseillère parlementaire au Ministère de l’Environnement que le combat pour la cascade de Salles-la-Source devait être pris au sérieux. Le rôle du député-e est de porter au niveau national les aspirations et les combats de sa circonscription, si la cause lui semble juste. Néanmoins, je ne souhaite pas être dans une posture consistant à dire oui à tout le monde, par opportunisme électoral. En ce qui concerne le contrôle du Gouvernement, il s’agit de l’une des missions du parlementaire. Elle me semble particulièrement importante et doit être renforcée dans les années qui viennent, et d’autant plus dans un pays très centralisé comme le nôtre.
3/ Votre question cible particulièrement la centrale hydroélectrique de Salles-la-Source, mais la fraude dépasse le cadre de notre circonscription. Plus généralement, la fraude fiscale est un enjeu pour la souveraineté financière et le redressement  des comptes publics de notre pays. Le rôle des associations et le soutien aux « lanceurs d’alerte », l’indépendance des médias et de la justice, sont autant d’acteurs à soutenir dans ce combat pour la démocratie.

 

2 Responses to Position sur la cascade de Salles-la-Source des candidats aux législatives

  1. Lucie dit :

    Comment se fait-il qu’il n’y ait qu’une seule prise de positions de candidat ?

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