Le plus extraordinaire de tous les bourgs, Salles-la-Source, ouvre le Vallon

L’ouvrage « Rouergue » de Jean Gazave, illustré par Jean Ferrieu, et dont la première édition est de 1938, a rapidement devenu un ouvrage de référence sur le département de l’Aveyron. Il a été régulièrement réédité jusqu’en 1959 (et à nouveau en 1998 aux éditions du Bastion).

Voici ce qu’il écrit sur Salles-la-Source et sa cascade, dans une des différentes versions de cet ouvrage qui enrichit le florilège des citations sur la cascade de toutes époques que nous avons entrepris sur ce site, au fil des ans et qui montrent l’attachement très anciens des Aveyronnais à la cascade de Salles-la-Source  :

[… à propos des rivières du vallon qui] « drainent les eaux de toutes les pentes : le Créneau, le Cruou, l’Ady, affluents du Dourdou qu’ils rougissent. Chacun creuse sa vallée où les bourgs s’agglomèrent. le plus extraordinaire de tous, Salles-la-Source, ouvre le Vallon.

Hors Saint-Cirq-la-Popie, en Quercy, où découvrir un village aussi fantasque ? Il s’étale au fond de la vallée au cirque de calcaire qu’achèvent trois gradins d’un cagnon crayeux. Ses maisons s’ordonnent autour de trois églises dont l’âge s’accorde à l’altitude, romane en bas et délabrée près d’un château en ruines ; flamboyante à mi-côte ; moderne au sommet. Des grottes fendent de loin en loin la falaise et, du milieu du bourg, fond l’énorme cascade.

Elle se précipite en un fracas bruyant de la corniche d’une grotte à un bassin d’où elle rejaillit en gerbes d’artifices, les jours, hélas où l’usine qui l’a captée veut la laisser couler.

En aval, à mi-côte, surplombant des vignes, une église romane, Saint-Austremoine… »

 

Remarque 1 : une autre version de cet ouvrage a déjà été présentée sur ce site en 2014. La description de Salles-la-Source en est différente mais le cri de colère contre les « tubes noirs »  est comparable voire plus appuyé : « Hélas ! ses cascades sont mortes. On a emprisonné l’eau vive, mal défendue contre un barbare utilitarisme, dans de lourds tuyaux qui vont alimenter une usine hydroélectrique, et ses cascades ne se ranimeront qu’à la saison des grandes eaux… et parfois aux jours de fête votive ». Et évoquant Alexis Monteils, « Que dirait-il aujourd’hui devant les tubes noirs qui ont remplacé les cascatelles ? »

Remarque 2 : Jean Gazave a été un expert reconnu en matière de patrimoine et la parution de son livre a été salué par la critique (voir par exemple la Croix du 29 juin 1938 : « un très vieux  pays de par plus vieille France » ), mais ses positions politiques ont été vivement contestées. Ancien membre de l’Action Française, Jean Gazave s’est ensuite rallié à Pétain qui a d’ailleurs repris à son compte le titre d’un de ses ouvrages : « la terre ne ment jamais » (voir la dépêche du midi du 27 mars 2011).

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *