Le Mystère de la troisième turbine

Entre le début et la fin de la concession de la Société Hydroélectrique de Salles-la-Source, une nouvelle turbine est apparue. 

En toute illégalité.

Et l’Administration n’a rien vu…

De même la puissances des turbines en place ont augmenté.

Sans qu’aucune autorisation ni aucun élément d’explication n’en soit fournie dans le Dossier de Fin de Concession.

On est ainsi passé d’une puissance affichée de 640 kW au début de la concession à 1200 kW en fin  de concession !

On comprend mieux qu’il ait fallu deux ans et demi de combat judiciaire pour obtenir de fameux dossier  (Voir : « l’Etat condamné une deuxième fois » )

Comme on avait déjà fait apparaître un deuxième et mystérieux barrage entre le début et la fin de la concession (Voir : « pourquoi le deuxième barrage souterrain est-il illégal ? »

Et que l’on tente désormais de « régulariser » dans un indigne procédé « d’encouragement à la fraude » : 

turbines-1985-2005

Le nombre et la puissance des turbines ont changé !
* 320 kW = puissance estimée des génératrices produisant 400 kVA, selon des proportions le plus souvent admises

En fait, au fil du temps, depuis 1930, et au vu des divers documents administratifs examinés par « Ranimons la cascade ! », tant le nombre de turbines/génératrices de la Société Hydroélectrique de Salles-la-Source en service que leur puissance déclarée ont été plusieurs fois modifiés. (rappel : la turbine transforme l’eau en énergie par un mouvement rotatif, la génératrice, qui lui est couplée, transforme cette énergie en électricité)

Que constate-t-on entre le début et la fin de la concession ? Que non seulement, le nombre de turbines/génératrices a augmenté entre 1980 et 2005 mais également la puissance de celles-ci.

Chacune des deux turbines autorisées en 1980 par le décret de concession peut absorber un débit de 370 l/s et  est couplée à une génératrice  de  400 kVA (kilo-Volt-Ampère), ce qui peut approximativement correspondre à une puissance de 320 kW chacune, comme l’atteste l’article 6 de la convention entre l’Etat et la Société Hydroélectrique annexée au décret :

article-6-decret-concession

Le Dossier de fin de concession de 2008, obtenu en janvier 2015, après deux ans et demi de procédure administrative et judiciaire évoqué désormais trois turbines et trois génératrices, dont la puissance a augmenté, bien qu’aucune autorisation ne l’ait permis entre temps, puisqu’on parle désormais, sans s’interroger, de trois turbines de 300, 450 et 450 kW (en fait l’unité n’est pas mentionnée !) :

tubines-generatrices-sls-df

Ces information sont complétées par celle du dossier de demande d’autorisation de 2008 et publié en juin 2010 :

tubines-generatrices-sls-au

Plus curieux, le Certificat Ouvrant Droit à l’Obligation d’Achat de l’électricité (CODOA), signé par la DREAL le 17 décembre 2012, évoqué deux ans plus tard trois turbines de 300 kW, 400 kW et 450 kW. On peut dès lors parler de « turbines à géométrie variable » :

viure-al-pais-guibert

Légende photo : M. Jean-Gérard Guibert, gérant controversé de la SHVSS, devant les turbines. Au fond à gauche, on aperçoit l’extension du bâtiment qui abrite la troisième turbine (Photo : copie d’écran de l’émission « Viure al pais »)

Revenons un peu en arrière. Dans un rapport du 21 septembre 1940, l’ingénieur des Ponts et Chaussées, Brugidou évoque bien déjà trois générateurs, les deux de 400 kVA qui seront cité en 1980 et un troisième de 210 KVA. Il évoque la puissance totale des trois à 900 kW :


brugidou-1940-trois-groupes

La SHVSS déclarera plus tard que la troisième turbine, « est un générateur de secours » qui n’existe plus depuis 1941. En 1972, le Conseil d’Etat, saisi par la Société hydroélectrique (qui sera d’ailleurs déboutée),  conclura :

« Si, à la date de l’arrêté attaqué, l’usine litigieuse ne comportait plus en service que deux groupes d’une puissance de 400 kW chacun, il résulte des pièces du dossier que, de 1937 a 1941, un troisième groupe de 210 kW a fonctionné en même temps que les deux autres ;

que l’expert x… par les premiers juges a établi, sans être utilement contredit sur ce point par la société requérante, que, si l’usine avait pu être équipée d’une puissance totale de 1 010 kW, c’est parce que, compte tenu du rendement des installations et des pertes de charge, la puissance maximum brute produit de la hauteur de la chute par le débit maximum dérivé à prendre en considération au titre de l’article 2 précité de la loi du 16 octobre 1919 était en réalité non de 970 kW mais de 1 300 kW« .

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Le troisième turbine qui réapparaît à la fin de la concession !

Il est à noter que l’Administration, se refuse à signer le décret de fin de concession, dix ans après la fin de celle-ci, mais valide la troisième turbine/génératrice en signant en décembre 2012.un CODOA qui la reconnaît…

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