La soirée-débat a achevé de convaincre les indécis

La réunion-débat auquel le maire avait convié la population de Salles-la-Source a réuni environ 120 personnes qui se sont avérées massivement acquises, du moins si on se fie à l’applaudimètre, à la cause de « Ranimons la cascade ! ». Prochaine étape : un rassemblement dimanche 26 juin à 11h devant la cacade :

Le maire a présenté l’analyse du rapport de la mission d’inspection ministérielle venue en automne 2015, avant que ne s’enclenche le débat avec la salle. Le maire a reconnu ne pas avoir encore pris position mais n’a pas dissimulé son envie de continuer l’exploitation même avec un petit débit de 130 litres par seconde à la cascade. Les participants ont été surpris qu’à quelques jours d’une telle échéance, le conseil municipal n’ait pas pu exprimer un point de vue clair sur ses positions et que l’adjoint responsable du suivi de ce dossier n’ait pas été invité à prendre la parole…

Seul propos rassurant, le maire a exprimé clairement que s’il y avait reprise de l’exploitation, ce ne serait pas par un privé mais par une collectivité locale.

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Le maire, Jean-Louis Alibert

La grande majorité de interventions ont contribué à démontrer les incertitudes extrêmes dans lesquelles nous plongerait la poursuite de l’exploitation et que l’enjeu principal était là : flou total sur les plans économiques et financiers, incertitude juridique et judiciaire, risques élevés et non maîtrisés pour la sécurité des biens et des personnes. Peut-on prendre de tels risques pour 100 ans et avec si peu de garanties et faire peser de si lourdes responsabilité aux élus durant plusieurs générations ?

Le témoignage d’un habitant du bourg, voisin de la conduite forcée, monsieur Mazens, a résonné comme un coup de tonnerre :

– « J’étais présent en 2010 lors de travaux de réparation de la conduite forcée souterraine. Un des ouvriers m’a montré qu’en donnant un coup de pic sur les points rouillés de la conduite forcée, il pouvait y faire un trou dedans… ».

La stupeur a donné place à l’intervention d’un ancien élus du Vallon, apportant un démenti cinglant aux affirmations des inspecteurs de la mission, affirmant sans preuve que le conduite forcée était encore en très bon état :

« Mr le maire, après ce que vous venez d’entendre et que nous sommes 150 à avoir entendu, vous ne pouvez rester sans rien faire. Dans une conduite forcée, la pression augment d’un bar tous les 10 m de dénivelé, ça veut dire 13 bars en bas de la conduite. Après ce que nous venons d’entendre, vous devez faire une expertise tout de suite, sous 15 jours, aux frais de la commune. Vous savez que si un édifice menace ruine, vous devez prendre un « arrêté de péril ». S’il y a un accident, on sera 150 témoins. Vous assureriez néanmoins un risque énorme ! Le maire sera reconnu comme le premier responsable ».

La redevance municipale, grand espoir de l’équipe municipale précédente a été une nouvelle fois retoquée par le tribunal Administratif et estimée « beaucoup trop élevée ». Selon une proposition de la mission d’Inspection, présentée par Jean-Louis Alibert, elle devrait être réduite de moitié… sans avoir l’assurance qu’elle ne soit pas attaquée à nouveau au Tribunal.

Un spéléologue a exprimé :

« Pour ce qui est du ruisseau de la gorge au loup, quoi que vous fassiez, vous pouvez casser le barrage, cela ne servira à rien, car il est alimenté par un système de trop-pleins alimentés seulement en cas de crue. »

Le maire s’en est étonné :

« Pourtant certains disent que elle coulait avant beaucoup plus souvent… »

Deux anciens du Bourg ont alors témoigné :

« Les galeries qui allaient vers l’autre ruisseau ont été colmatées avec du béton… »

« Quand on était gamins, on l’a toujours vu couler ce ruisseau. Et toute l’eau des sanitaires de la maison de repos partait dans le ruisseau et c’était bien l’eau qui coulait qui évacuait toutes les eaux usées vers la rivière… »

Hormis une poignée de partisans sincères de l’énergie renouvelables (qui ne l’est pas ?) peu au fait de la complexité du dossier, qui ont exprimé l’envie que l’installation continue, la seule opposition qui se soit manifestée est venue de la liste d’opposition, menée par leur ancienne tête de liste, Sophie Fraissine, dans une alliance improbable avec la conseillère départementale Anne Gaben-Toutant. La soi-disant nouvelle association qui devait représenter les habitants nombreux de Salles-la-Source, partisans de la poursuite de l’exploitation, s’est manifestée au grand jour et la manœuvre politique a été vite comprise…

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Au premier plan, quatre élus d’opposition

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Au premier plan, au centre, Anne Gaben-Toutant

Il semble que lorsque toutes ces personnes nous soutenaient pour obtenir un vrai débit à la cascade, leur seul objectif était en fait le départ de l’exploitant indélicat. Un participant se disant bien informé a traité ce dernier « de bandit et d’escroc ». Pour eux, « Ranimons la cascade ! » ayant obtenu son départ, l’exploitation hydroélectrique peut donc continuer…

Aucun d’entre eux ne semblait informé des possibilités de recours judiciaires et des probabilités non négligeables qu’il ne revienne au terme de quelques longs procès, aidé de ses puissants réseaux (le nom de Patrick Balkany a même été suggéré en fin de réunion par un fin connaisseur du dossier, sans qu’il nous soit possible de le vérifier, mais le fait que notre ancien gérant habite les Hauts-de-Seine pourrait donner de la vraisemblance à cette info)…

D’autres personnes encore ont exprimé tout l’intérêt de cette cascade pour l’attractivité de notre territoire :

«  L’usine est un établissement du début du siècle dernier qui a fait son temps. Il a vécu. Ne faudrait-il pas regarder à voir un autre projet touristique pour Salles-la-Source. On est sur l’axe Albi-Rodez-Salles-la-Source-Conques et il y quelques chose en développement dans ce domaine qui est porteur d’avenir ».

« Alors que l’orientation de tous les territoires aujourd’hui va vers l’attractivité, je pense que le tourisme n’est pas un faux pari. Il faut pérenniser nos atouts touristiques » 

Deux adjoints se sont finalement brièvement exprimés, Bruno Dalbin : « récupérer une vieille installation, c’est comme acheter une vielle voiture d’occasion : on ne sait pas ce qu’on va trouver. Je propose plutôt d’investir en panneaux solaires sur le bâtiment communal de la Picarderie. On investit ainsi sur un projet neuf… (applaudissements) et Louis Droc : « l’argent ne fait pas tout. Pensons à l’avenir. Redonner l’exploitation à un tiers, c’est perdre la main. Nous avons connu cette situation et je n’ai pas envie de la connaître à nouveau. Prenons la décision courageuse de stopper, c’est la décision la plus pérenne ».

« Ranimons la cascade ! » a pu développer, avec force arguments, le cheminement logique qui l’avait amené à comprendre qu’un choix était nécessaire entre cascade et production d’électricité, l’absurdité de la destruction d’un tel site pour une si faible production et les risques insensés pour les collectivités publiques que serait la reprise d’une installation à bout se souffle. Elle a montré comment l’idée de la reprendre « avec des conditions » serait en fait un engrenage et un oui sans retour.

Un participant venu s’informer nous a écrit après la réunion :

« Nous tenons à vous remercier et à vous féliciter pour la présentation très claire et très pédagogique de vos arguments lors de la réunion publique de vendredi dernier,  et pour tout le sérieux dont a su faire preuve “Ranimons la cascade !” au cours de toutes ces longues années ».

Cette soirée a permis de montrer l’immense espoir qu’avait été la mobilisation collective de milliers de personnes depuis six ans. Ce travail collectif a redonné confiance à beaucoup dans la capacité d’agir ensemble et de se choisir un destin commun. Un « travail de Titan » a été fourni sur ce dossier : « Une telle chance ne se reproduira pas. De grâce, mesdames et messieurs les élus, ne la gâchez pas ! » 

Prochaines étapes :

– dimanche 26 juin à 11 heures devant la cascade : apéro-cascade pour montrer aux élus prêts à prendre une décision courageuse qu’ils ne sont pas seuls.

– lundi 27 juin à 20h30 à la mairie : Conseil municipal et vote de la décision

– mardi 28 juin à Mouret : conseil de la communauté de communes (heure non connue à ce jour)

le-choix-de-2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Dépêche du Midi – 22 juin 2016 :

dm-22-juin-2016-reunion-mai

Centre-Presse – 23 juin 2016 :
cp-23-juin-2016-reunion-debat

 

4 Responses to La soirée-débat a achevé de convaincre les indécis

  1. Tustabouisses dit :

    Régler les comptes des dernières municipales sur le dos de la cascade, quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur la suite à donner à la microcentrale, est-ce vraiment avoir le sens de l’intérêt public ?

  2. Tustabouisses dit :

    J’ajoute que je vous trouve bien gentils et patients, à « Ranimons la cascade! », de ne pas dénoncer haut et fort les agissements peu élégants de ces revanchards sur les motivations desquels personne sur la commune ne se fait d’illusions. On sait désormais quel cas ils font de l’intérêt général.

  3. Nous n’irons pas sur ce terrain glissant. Il n’est pas exclu qu’en effet votre pseudo de « Tustabouisses » (« Celui qui tape sur les buissons », si on vous comprend bien) vous fassse débusquer le bon gibier. Mais nous n’avons pas de goût particulier pour la chasse, encore moins de ce type-là. Ce qui ne signifie pas que nous soyons plus naïfs que la moyenne, ni que nous démentions la pertinence de votre analyse. Sachez simplement qu’aux dernières municipales nous avions des candidats sur les deux listes en présence. Nous nous étions mis en sommeil le temps de la campagne.

    Nous avions simplement demandé aux différents candidats de se prononcer sur le dossier, essentiel pour la commune, de la cascade. Certains, qui ont une curieuse conception de la démocratie, l’avaient d’ailleurs pris pour une agression intolérable. Aujourd’hui, nous nous bornons à demander à chacun de respecter ses engagements. Et nous évitons de rentrer dans des polémiques qui ne nous concernent pas. Nous l’avons assez dit et répété : un peu toutes les sensibilités politiques se retrouvent jusque dans le conseil d’administration de notre association. C’est notre conception de l’intérêt général. Chacun est assez grand pour voir et analyser. Pour le reste, oui, vous avez raison : nous avons de la patience. C’est ce qui nous a permis de tenir pendant six ans. Et nous permettra de tenir encore s’il le faut.

  4. jean-marie dit :

    Je pensais naïvement que cette maladie du « toujours contre » était réservée à nos partis politiques et nos députés qui nous représentent à l’Assemblé nationale.Et bien non la maladie à gagné nos élus à Salles la Source. C’est navrant la commune et ses habitants ne méritent pas cela.

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