La Société Hydroélectrique dépose enfin ses comptes de 2015

CES BONS COMPTES QUI FONT LES BONNES MÉFIANCES

Ça y est, même si ce n’est pas trop tôt : le gérant de la Société hydroélectrique de Salles-la-Source vient tout juste de déposer, le 5 décembre 2016, les comptes de ladite entreprise devant le Tribunal de Commerce. La loi est enfin sauve. Enfin presque puisque la date limite de dépôt était le 31 juillet 2016. Et se trouve comblée une lacune à propos de laquelle nous avions exprimé quelque étonnement. À en croire d’ailleurs l’immobilisme tant du greffe du tribunal de Commerce que du Procureur de la République (dûment alerté), nous étions manifestement les seuls à être étonnés. Nous n’en saurons pas plus car la SHVSS a activé la « déclaration de confidentialité » qui permet désormais de camoufler au grand public d’éventuelles fraudes.

Mais, après tout ce que la SHVSS nous a montré pendant les six années, bientôt sept, dont nous avons eu à nous pencher sur son cas ô combien édifiant, nous aurions tendance à nourrir quelque méfiance. La même que certains Troyens voyant arriver le fameux cheval de bois géant dont les gratifiaient les Grecs. Les humanistes se rappelleront ce fameux vers du poète antique : « Timeo Danaos et dona ferentes. » , « Je me méfie des Grecs, même quand ils font des cadeaux. ». Nous, nous aurions tendance à soupçonner la SHVSS même quand elle se met en conformité avec la loi.

Pourquoi ce dépôt de comptes maintenant, si tardivement, devant le Tribunal de Commerce ? Quelle anguille sous roche ce geste soudainement légaliste dissimule-t-il ? Les hypothèses sont ouvertes… Le procureur de Rodez laissait entendre que des poursuites allaient être engagées à l’encontre de la SHVSS devant le TGI (Tribunal de Grande Instance) pour abus de biens sociaux. Ce procès serait-il imminent et le gérant a-t-il jugé plus prudent de ne pas charger la mule plus que de raison ?

Autre possibilité : ce même gérant serait en négociation avec l’État pour obtenir une compensation après la décision de fermeture de la microcentrale. Si c’est le cas, nous disons attention : il est pour nous hors de question que cette fermeture de la microcentrale devienne une bonne affaire pour la société enfin déboutée de son droit d’exploiter. Il serait impensable qu’après avoir pillé pendant des décennies, en toute illégalité, l’eau de la cascade elle se voit maintenant grassement dédommagée et pour une concession qu’elle n’aurait jamais dû obtenir et pour des installations en fin de course. D’après nos calculs, c’est la SHVSS qui doit largement de l’argent à l’État non l’inverse.

 « Ranimons la cascade ! » suivra attentivement le cours du dossier et dénoncera avec la dernière énergie toute transaction qui se ferait sur le dos des contribuables. Certaines affaires (Adidas par exemple) pendantes au niveau national devrait inciter à la plus grande prudence…

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