La cascade s’invite dans le grand opéra

 Dans le cadre du projet, « le grand opéra en pays ruthénois » , trois auteurs de la compagnie « Du pain sur la planche » ont  écrit une pièce de  théâtre en 3 tableaux, « L’innondation », qui sera présenté le 13 octobre 2012 au théâtre d’Onet-le-château.  

Le premier d’entre eux, intitulé « la source » était joué à Salles-la-Source le 2 juin 2012. Il a attiré l’attention de « Ranimons la cascade ! », dont le combat était ainsi propulsé au coeur du débat public sur le devenir du pays ruthénois : 

Au départ apparaît Vassili, originaire de la région des sources de la Volga et qui cherche un enracinement.

« Je suis venu ici pour trouver la source qui voudra bien me franciser.
…On m’a dit qu’il fallait m’adresser à la source de Salles-la-Source… »

Puis, l’on se retrouve dans une maison isolée,  peuplée d’un père et de ses deux filles, face aux éléments déchaînés. Cet homme -tiens donc- cherchait à acheter une source…

Ainsi apparaît dans la premier tableau un « Monsieur G », (ça ne s’invente pas !) patron libéral « pur sucre ». Pour lui, l’argent est une valeur suprême, la Bourse est l’alpha et l’oméga de toute société : « on ne doit pas mettre des freins à la liberté de faire du flouze ».

 

Ce chef d’entreprise sans scrupule défend « sa cascade » dont les droits pourraient lui être retirés :

« Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à exploiter une cascade.
Je me suis battu pour l’avoir ma cascade.
Je me suis battu et le me battrai encore contre quiconque voudra me la reprendre
Ma cascade ».

« Je ne comprends pas ce qu’on me reproche
Faire de l’argent avec de l’eau
Tout le monde peut le faire
Il suffit de se lever tôt et de travailler ».

Apprenant qu’il y des oppositions à son projet, il s’étrangle et veut téléphoner au préfet dont on devine qu’il est un proche. Mais la ligne est coupée… Quoi qu’il arrive, il ne pliera pas :

« Peu importe les pétitions
les marches
Les banderoles
« libérez la cascade ».

En fait, dans ce spectacle la comparaison semble s’arrêter là. L’histoire de Salles-la-Source est un exemple ou un prétexte que les auteurs n’ont pas cherché à approfondir. On reste dans de la fiction…  Certains rapprochements sont  évidents avec la situation réelle mais l’enjeu n’est pas de nous faire connaître et comprendre notre situation bien réelle.

On ne peut donc demander plus pour le combat pour la cascade à ce spectacle que ce qu’il a pour objectif de donner. Son objectif es tailleurs. Pour les auteurs,  « C’est un travail en creux qui est proposé sur l’identité, l’appartenance, le territoire » ; « le théâtre est un moyen de questionner nos représentations du monde »  » l’innondation est une métaphore de la crise que nous vivons et qui emporte tout » mais « ce combat nous a paru révélateur d’autres combats et conflits autour du bien commun et de l’intérêt général » et puis « la source est un symbole, celui de l’identité » , celle que chacun de nous aimerait bien trouver, particulièrement celui qui arrive dans cette région et ne bénéficie d’aucun enracinement.

On retiendra quand même avec satisfaction que par sa médiatisation, la lutte pour la cascade de Salles-la-Source, a attiré l’attention de la compagnie en résidence : « Quand on vit ici, on ne voit que çà ». Il nous reste à espérer que le spectateur, partant de la thématique du spectacle essayera de découvrir et comprendre l’enjeu réel de ce dossier et de l’attitude trouble de l’Administration, refusant toute concertation et qui n’est pas ici évoquée ».

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