Journée du Patrimoine : joignons les actes à la parole !

 A l’occasion des journées européennes du Patrimoine des 15 et 16 septembre 2012 :

 « En 1899, le propriétaire d’un moulin prévoyait de capter la source du Lison (Doubs) et de remplacer la cascade par une conduite forcée. Les habitants se mobilisèrent pendant deux ans et gagnèrent définitivement, après deux procès, en 1902.  

Le député, Charles Beauquier, auquel ils avaient fait appel, pour conforter cette victoire et protéger tous les sites pittoresques de France, fit voter en 1906 les premières lois de protection de l’environnement de notre pays, qui portent son nom. Ce texte protégeait « les sites pittoresques et monuments naturels » et instituait les commissions départementales des sites chargées d’en dresser l’inventaire. 

Le site de la cascade du Lison fut classé en 1912. Cette histoire a été gravée sur une plaque qu’a prise en photo cet été un des défenseurs de la cascade de Salles-la-Source. (voir « Une cascade du Doubs aux origines de la protection des sites en France »)

Cent ans plus tard, en Aveyron comme dans le Doubs, nos responsables vont célébrer les 15 et 16 septembre les journées européennes du Patrimoine. Partout, nos préfets vont s’épancher en grands discours sur l’importance et l’intérêt de prendre conscience de la fragilité de notre patrimoine et de nos sites et de les protéger. 

Qu’en sera-t-il à Salles-la-Source ? Madame le préfet de l’Aveyron aura-t-elle, à cette occasion, le courage d’assumer les erreurs de ses prédécesseurs et de décider -enfin- de tourner la page de la vieille microcentrale hydroélectrique de Salles-la-Source afin de réhabiliter le site inscrit au patrimoine et ses cascades ? Ou sera-t-elle tentée de couvrir ces erreurs pour tenter de perpétuer l’idée d’une sorte « d’infaillibilité de l’Administration » ? 

Les nombreux courriers qu’elle a reçus de la part de « Ranimons la cascade ! », et qui restent sans réponse, prouvent un embarras certain de ses services devant un dossier géré sans concertation, semé d’irrégularités et qui jette le trouble. 

Les nouveaux éléments que « Ranimons la cascade ! » a découvert cet été au sujet de l’interdiction des éclusées dans tout le bassin versant du Lot sont une opportunité de faire ce choix du bon sens qui l’honorerait.  (voir : « L’interdiction des éclusées »)

De plus, les nouveaux aménagements réalisés par l’actuel propriétaire au cours de l’été en dehors de toute autorisation devant une Police de l’eau qui semble impuissante, prouvent les difficultés qu’il y aura à faire confiance à un pétitionnaire qui ne respecte pas les lois. (voir : « la société hydroélectrique modifie le débit réservé en toute illégalité » )

L’association qui défend la cascade vient de découvrir que le projet d’arrêté de gestion de sites confie dans les faits la gestion d’un site inscrit au patrimoine national à ce pétitionnaire et son entreprise privée lucrative… (voir : « Non à la privatisation de l’eau du Créneau »)

Quoi qu’il en soit, et le temps qu’il faudra, « Ranimons la cascade! » s’opposera à toute privatisation déguisée de la protection de siteset du patrimoine. Nous exigerons qu’à Salles-la-Source la Préfecture de l’Aveyron joigne les actes à la parole et ne piétine pas la légalité républicaine ! »

 Article de Midi-Libre du 13 septembre 2012 : « Patrimoine : Et la cascade ? »

 

 

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