Il est urgent d’attendre !

« Il est urgent d’attendre », voila ce que déclare le collectif « Ranimons la cascade de Salles la source ».

L’importance des enjeux et la complexité du dossier exigent de prendre un peu de temps pour voir clair dans ce dossier, afin de ne pas hypothéquer l’avenir. Une contre-expertisse s’avère nécessaire face à une étude d’impact bien peu objective.

Dans ce communiqué, le collectif avance des arguments qui méritent une réponse… :

 

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Position du collectif par rapport à l’enquête d’utilité publique en cours
(demande d’autorisation d’exploiter et d’augmentation de la puissance de la conduite)

 

 

  1. 1. « Le collectif « Ranimons la cascade de Salles la source » déclare que les propositions de l’actuel concessionnaire sont inacceptables et que les conclusions du cabinet C.I.N.C.L.E. sont marquées par une bienveillance excessive envers le commanditaire.

En conséquence nous demandons à Madame la Préfète de refuser l’autorisation d’exploiter telle qu’elle est formulée dans le dossier d’enquête publique pour les raisons suivantes :

 

– Les débits proposés sont très insuffisants et ne prennent pas en compte l’attente forte de l’opinion publique telle qu’elle s’est exprimée  : 100 l/s, ce n’est plus une cascade ! L’eau doit être présente en totalité de « Pâques à Toussaint », comme c’est la revendication historique des habitants du village depuis des décennies pendant lesquelles l’eau leur a été confisquée.

– Le débit de la cascade doit être le vrai et vivant reflet de la pluviométrie – parfois faible et parfois très abondante – et non à débit régulier.

 

–  La coïncidence entre le débit minimal exigé par la loi (10 % de l’eau en permanence = « débit réservé ») et le minimum nécessaire pour faire vivre le ruisseau et la tuffière (40 l/s en hiver) nous semble suspecte.

– Encore faudrait-il que ce débit minimum soit effectivement relâché. Or les proposition ne permettent pas de redonner en permanence à la cascade 100 l/s (ou 40 l/s en hiver), du fait d’un raisonnement en « moyennes mensuelles sur 9 ans » : lorsque certaines semaines ou années, le débit sera supérieur à 100 l/s, l’eau sera turbinée tandis que lorsque au cours d’autres semaines, mois ou années, le débit de l’eau sera inférieur, la cascade ne pourra pas être alimentée donc la moyenne ne sera pas respectée.

La vente d’électricité en périodes de pointes provoque – comme l’indique l’étude – de fortes et fréquentes variations sur la température, l’acidité, le débit du Créneau , la perturbant fréquemment, et donc toutes les espèces qui y vivent. La très faible production estivale ne justifie pas de tels dérangements.

– Le site dit « des 4 villages de Salles la source » est classé depuis 1945 (arrêté de protection du site du 22 novembre 1945) et bénéficie à ce titre de la loi de 1930. A ce titre tout aménagement majeur du site doit bénéficier de l’avis des Bâtiments de France et de la Commission départementale des sites. Or ceux-ci n’ont pas été consultés avant l’ouverture de la consultation du public pour cette enquête !

– De même n’ont pas été consultés avant l’ouverture au public de l’enquête ni la Mairie de salles la source, et il n’est pas fait de mention de la consultation des services de la Police de l’eau (DDT) comme l’exige la loi.

– N’est pas mentionné dans cette étude la clause de l’arrêté du 25 juillet 1962 accordant l’autorisation d’exploiter pour 30 ans à renouveler, mais mise à disposition pour 75 ans soit jusqu’à 2037 (maximum). Cet arrêté (de régularisation) vient à la suite de l’avis du Conseil d’État du 11 janvier 1946 déclarant l’usine illégale. Il sera suivi par l’arrêt du 18 février 1972 du Conseil d’État confirmant la décision du Tribunal administratif de Toulouse annulant l’exploitation de la cascade. Comment se fait-il qu’il ne soit tenu aucun compte des avis du conseil d’état ? Par ailleurs, la durée de l’autorisation, jusqu’en 2050, est de toute façon très excessive. Les données économiques et touristiques sont en constante évolution. Il ne faut pas hypothéquer l’avenir de notre potentiel.

– Il manque dans cette enquête un véritable volet socio-économique, prenant en compte l’avis des professionnels du tourisme du département et mesurant l’impact économique de ce qu’apporterait une véritable cascade à l’économie locale ; Aucun chiffre économique sur ce que coûte et apporte comme revenu la microcentrale ne sont donnés dans l’enquête empêchant le lecteur d’avoir une appréciation objective des faits. Le seul chiffre donné est le manque à gagner que représenterait l’application du débit réservé rendu obligatoire par la loi sur l’eau dès le renouvellement éventuel de l’autorisation… Aucune redevance n’est prévue.

– Le collectif s’oppose à la demande d’extension de la conduite passant d’un débit maximum de 1000 à 1500 l/s. Une telle conduite priverait la cascade d’une bonne partie des spectaculaires forts débits qui rendent encore attractive la cascade en périodes pluvieuses.

– La fiabilité économique du Concessionnaire laisse planer des doutes sur ses possibilités d’exploiter ou de renouveler la conduite. Le collectif craint que les droits à produire ne soient revendus à un grand groupe financier, pourvu de puissants moyens juridiques, face auquel, la municipalité et les instances départementales ne seront plus en position de force pour veiller à l’application de la loi.

– Cette application de la loi et des accords a souvent été prise en défaut dans le passé Ex. les accords de 1972 avec la Municipalité promettant l’alimentation en eau les samedis et dimanchesor tous les habitants peuvent témoigner que la cascade ne coulait pas les samedi pendant cette période. Sans moyen de contrôle de l’arrivée de l’eau à l’issue de la résurgence et au départ de la vanne ouvrant vers la cascade, avec avertissement des services de contrôle en temps réel, les promesses s’avèrent invérifiables dans le temps. Actuellement, bien que le concessionnaire dise laisser de l’eau sans y être obligé (de 9h à 20h), on constate que le créneau en aval de la cascade et jusqu’à la turbine est trop souvent sec le matin.

– L’intérêt spéléologique de la partie sous-terraine de la résurgence doit être expertisée (réseau souterrain, lien avec le Tindoul de la Vayssière, potentialités du site…) et pris en compte.

– La sécurité des habitants du village n’est pas prise en compte dans l’étude. Et il semble qu’aucun contrôle de la qualité de la conduite n’ait été fait depuis 1970.

 

 

2. Le collectif « Ranimons la cascade de Salles la source » demande que soit mise en place par les services compétents une contre-expertise prenant en compte notamment tous les points précédents et en plus :

– Nous demandons que soit réalisé un état des lieux sur les potentialités du site sur les plans touristique, économique et culturel ;

– Nous demandons que se constitue un groupe de travail élargi, regroupant toutes les personnes, physiques ou morales intéressées : citoyens, élus, associations, administration ou experts, de la commune, du département et de la région afin de réaliser un diagnostic completde la situation avant d’hypothéquer l’avenir pour de trop nombreuses années. L’hypothèse d’exploitation de l’électricité par une société d’économie mixte doit pouvoir être mise à plat et étudiée avec toutes les collectivités locales du département. Elle pourrait être une source importante de revenus pour la collectivité. La complexité juridique du dossier devra être également ré-abordée et mise à plat, comme suggéré par les Bâtiments de France dès 1999.

Il est essentiel de ne pas précipiter la décision : engager une réflexion collective et une concertation de tous les acteurs sur la gestion patrimoniale de cette cascade nous paraît une nécessité, alors même que la fatalité qui pesait sur son avenir paraît aujourd’hui se lézarder.

De nombreuses voix nous disent que bien au-delà de la commune, l’intérêt patrimonial de la cascade est très grand et doit être pris en compte, compte tenu de sa situation géographique entre Rodez (Musée Soulage), le Vallon de Marcillac (projet de pôle d’excellence touristique) et Conques.

 

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