Expressions du Conseil General dans l’enquete publique

Le Code de l’environnement précise que dès l’ouverture de l’enquête prévue à l’article R. 214-8, le préfet sollicite l’avis du conseil général, qui doit faire connaître cet avis dans un délai de deux mois à dater de la communication du dossier.

Nous ne savons pas si cette demande a été faite et en quels termes. Le code précise que la réponse doit être faite dans un délais de deux mois .

« Lorsque les ouvrages à autoriser sont situés, en partie ou en totalité, dans un siteclassé ou inscrit, un parc national ou un parc naturel marin au sens du livre III, ou modifient un tel site, le préfet surseoit à statuer jusqu’à ce que l’autorité compétente se soit prononcée. »

En l’absence d’autres éléments d’information à ce jour, nous savons que 4 conseillers Généraux, se sont exprimés au cours de l’enquête publique, à titre individuel. Voici quelques extraits de leurs interventions.  Ils soutiennent tous les raisonnements des personnes qui démontrent que le débit laissé à la cascade est insuffisant :

 

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Photo : témoignage de Bernard burguière, conseiller général de Conques, président de la commission tourisme au Conseil Général

 

Jean-Claude Luche, président du Conseil Général de l’Aveyron :
« un patrimoine exceptionnel »

 

« Le résultat de l’enquête publique prévoit un débit de la source minimum, égal à un dixième du débit moyen interannuel.

« L’association de défense du site de Salles la Source soutenue par les habitants de la commune et du Vallon juge que le débit proposé n’est pas satisfaisant. Cette source fait partie de l’identité de la commune et représente un véritable patrimoine exceptionnel.

Aussi, sachez combien je soutiens ce dossier et reste très attentif quant à la possibilité du maintien d’un débit significatif de la chute de Salles la Source, qui est pour le département de l’Aveyron un site très touristique. »

 

Pierre-Marie Blanquet, vice-président du Conseil Général, vice président du Parc Naturel Régional des Grands Causses :
« Une occasion inespérée de mettre fin à un conflit d’usage »

« Le caractère exceptionnel du site de Salles-la-Source, lié notamment à la présence de sa cascade, permet, à mes yeux, d’invoquer l’intérêt général de sa sauvegarde et si l’intérêt particulier de la demande de concession paraît légitime, il me paraît devoir lui être subordonné.

C’est pourquoi, au delà de la stricte application de la loi sur l’eau, obligeant le pétitionnaire à respecter le maintien d’un débit réservé, l’intérêt général commande que l’Etat assortisse son autorisation, d’une réserve de débit suffisant, pour conserver au site son aspect spectaculaire.

L’évaluation de ce débit me paraît relever d’une appréciation objective qui pourrait être proposée à l’occasion de votre enquête.

La saisonnalité de ce débit réservé qui a souvent été évoquée ne me paraît pas devoir être retenue car elle laisserait supposer que seuls les visiteurs estivaux auraient droit à la beauté du site.

Ce renouvellement est une occasion inespérée de mettre fin à un conflit d’usage qui n’avait pas pu être pris en compte lors de l’autorisation initiale et dont la méconnaissance a pourtant été bien souvent regrettée depuis lors.

Les enjeux économiques que représentent la singularité du patrimoine naturel aveyronnais sont devenus aujourd’hui d’une grande importance et doivent peser de tout leur poids devant les usages privés des éléments de ce patrimoine.  »

Anne Gaben-Toutant, conseillère générale de Marcillac :

« Je ne doute pas que Madame la préfète nous entende »

« Les habitants de Salles la Source, du canton de Marcillac, les élus locaux, les responsables de l’Office de Tourisme et du Syndicat des Vignerons du Vallon, le Président du Conseil général ont unanimement souligné l’intérêt patrimonial du site de Salles la Source, porte d’entrée du Vallon entre Rodez et Conques. Tous demandent que la Cascade continue à couler tout au long de l’année, je ne doute pas que madame la Préfète nous entende et refuse ce renouvellement au regard des informations fournies par le demandeur.

Trois problèmes majeurs me préoccupent :

– L’écoulement suffisant de la cascade tout au long de l’année pour pérenniser et valoriser ce site touristique remarquable. Nous devons exiger du concessionnaire, quel qu’il soit, un débit plein régime de Pâques à Toussaint avec d’éventuelles variations saisonnières le reste de l’année.

– La sécurité des habitants et du bourg de Salle la Source. Le barrage et les conduites vétustés ne permettent pas d’assurer la sécurité du site. Seront-ils remis en état par le concessionnaire actuel avec les moyens nécessaires ? Le dossier du demandeur est il cohérent avec le Plan de Prévention des Risques de la commune suite aux éboulements ?

– L’intérêt économique de la commune et donc de ses habitants n’est pas assuré :

L’actuel concessionnaire doit de l’argent à la commune, quand et comment va-t-il s’acquitter de sa dette et réaliser les travaux indispensables à la bonne exploitation de la micro-centrale ?

La cascade est « notre bien commun » qui mérite toute notre vigilance et tout notre intérêt. Pour ma part, je continue à penser que d’autres solutions concernant l’exploitation de la micro centrale peuvent être étudiées. Habitants, investisseurs et collectivités locales pourraient se regrouper dans une structure juridique adaptée pour prendre la concession et gérer au mieux ces trois points. La cascade ne serait plus un problème mais un levier de développement local. »



Bernard Burguière, conseiller  général de Conques, président de la commission tourisme au Conseil Général :

« L’aveyron, pays d’émotion »

 « Je me permets de souligner l’importance de la cascade sur le plan touristique et a contrario la déception des visiteurs s’ils doivent découvrir une « chute célèbre » sans eau !

Au vu de la cascade, l’arrêt spontané des touristes sur le principal itinéraire d’accès à Conques permet de découvrir la qualité et la diversité de Salles-la-Source : les maisons bâties sur la falaise, l’église romane du bourg, les places abritées par des maronniers centenaires sur lesquelles s’ouvrent les caves de Saint Laurent,  la filature qui abrite le Musée du Rouergue, le Créneau et ses cascades qui donnent vie au village. Il est très important de ne pas interrompre le cheminement de l’eau de Pâques à al Toussaint.

Notre slogan « Aveyron, pays d’émotion » se trouve conforté par la découverte de cette résurgence naturelle ».

 

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