Eaux troubles au pied de la cascade et possibles liens avec la carrière du Causse Comtal

Suite à l’article paru le 7 juin 2017 dans Centre-Presse, voici, comme annoncé des éléments destiné à éclairer nos lecteurs sur le lien entre carrière et cascade de Salles-la-Source. Partant de constats signalés par de riverains, il en donne une possible grille de lecture qui reste encore à approfondir.

Les faits : des eaux troubles apparaissent régulièrement sur la rivière du Créneau, en aval de la cascade. On peut les constater notamment dans la vasque au bas de la grande cascade, dans les plans d’eau et gourgues du bourg, au pied de la cascade de la Crouzie et en aval jusqu’à la pisciculture de Gourjan.

Vasque d’eau trouble au pied de la grande cascade

Bassin du bourg au lieu de la jonction avec le ruisseau de la gorge au loup

Les conséquences se mesurent bien en aval. Un pêcheur nous raconte : « Il y a quelques années, je traversais facilement la chaussée de Pont les Bains. Actuellement, elle est devenue très glissante et mes bottes sont engluées de 300 ou 400 g de  glaise ! »

Aux dires de certains pêcheurs qui fréquentent les abords de la rivière, « l’état du cours d’eau est alarmant. Il est envahi par les algues ». Il suffit de se rendre ces jours-là à la confluence avec le ruisseau venant de Souyri (au niveau de la centrale électrique) pour constater et comprendre la différence de qualité des eaux entre les deux rivières, l’une transparente (le Faby) et l’autre troublée (le Créneau)

 On constate comme un rejet de limon sous forme de craie marneuse, qui se fixe et entraîne une eutrophisation de l’eau et la formation de plaques algueuses. Ce dépôt, même s’il n’est pas forcément mortel pour la faune, entraîne la formation d’alluvions et le colmatage des substrats (frayères…)

L’eau du créneau est envahie par les algues…

Ces phénomènes sont régulièrement signalés depuis 2 ans. Le 22 décembre 2016, jour de la reprise de l’exploitation hydroélectrique suite à la décision en référé du tribunal de Toulouse, annulant provisoirement l’arrêté de fermeture définitif de la microcentrale, les observateurs ont constaté un arrêt de la cascade puis une reprise de celle-ci sous une forme blanche et laiteuse.

Explication possible : La centrale pratique des marnages ou éclusées : elle remplit et vide successivement une réserve d’eau naturelle dans la rivière souterraine, en amont du barrage. Cette eau est probablement accidentellement polluée par la carrière de Puech Hiver. En effet, cette dernière est positionnée au dessus de la rivière souterraine du Créneau et des réseaux de failles collectant l’eau du Causse qui communiquent , celle-ci étant canalisée par le conduit souterrain principal qui mène vers la source de Salles-la-Source. La poussière serait lessivée (naturellement ou artificiellement) puis entraînée vers le barrage souterrain puis la conduite forcée et la cascade.

Comment la poussière de la carrière s’infiltre-t-elle ? Celle-ci y est produite en volume très important (voir état des végétaux aux abords de la carrière…) Lors de fortes pluies ou d’opérations de nettoyage, la poussière s’infiltre dans le causse et se retrouve peu après… à la cascade.

La période de deux ans évoquée ci-dessus correspond au moment ou la Colas s’est équipée en eau pour nettoyer les véhicules sortants et minimiser la poussière. D’où certaines interrogations de riverains à l’heure où la compagnie envisage (en secret) d’étendre son emprise sur le Causse Comtal.

Qu’a-t-il pu se passer le 22 décembre ? La poussière accumulée dans le barrage souterrain s’est trouvée sédimentée vers le fond où se trouve la prise d’eau de la conduite forcée. La reprise du turbinage a créé une agitation forte de l’eau qui est – rappelons-le – restituée 100 mètres en aval de la source à partir de la conduite forcée (l’administration se refusant à faire appliquer la loi sur le débit réservé…), d’où la couleur laiteuse de la cascade ce jour-là.

Certes l’extension de la carrière supposerait au préalable le vote d’une modification du P.L.U. qui ne prévoit pas de possible nouvelle extension de la carrière. Une étude indépendante sur ce possible lien entre cascade et carrière semblerait un préalable indispensable à une telle décision…

On voit mal le conseil municipal de Salles-la-Source prendre une telle décision au vu de leur projet de développement du potentiel touristique de la commune…

Pourtant certains de nos adhérents nous disent leur inquiétude : « on ne s’est pas battu durant tant d’années pour ranimer la cascade pour avoir au bout du compte, pour 30 ans de plus, une eau trouble et polluée ! ».

Du côté d’autres adhérents, riverains de la carrière, on sent aussi poindre une réelle inquiétude pour cette zone jusqu’ici assez préservée et située aux portes de Rodez : « Ceci va à l’encontre de l’intérêt général du Causse Comtal, nous écrit l’un d’eau. Outre les éléments déjà avancés (poussière, bruit, camion, paysage), il y a plusieurs projets de conversion d’exploitation agricoles en bio, lesquelles souhaitent bien évidemment adosser la qualité de leur production au patrimoine bâti et paysager du Causse Comtal ».

Situation de la carrière : juste au dessus du Créneau, à mi-chemin entre le tindoul de la Vayssière, au fond duquel coule le Créneau et la cascade de Salles-la-Source  (source : géoportail) :

Trois lieux bien alignés : cascade de Salles-la-Source, cascade de Puech Hiver, Tindoul de la Vayssière sur l’axe de la rivière souterraine qui passe au fond du Tindoul et jaillit à Salles-la-Source

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