De l’une de ces roches, sort avec impétuosité, par diverses fissures, un très clair et très rapide ruisseau, le Créneau…

« De l’une de ces roches, sort avec impétuosité, par diverses fissures, un très clair et très rapide ruisseau, le Créneau… », c’est ainsi qu’évoque la source de Salles-la-Source, celle qui lui a donné son nom, dans le « Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies » de Paul Joanne.

Ce répertoire en 7 volumes (parus de 1890 à 1904), est précédé d’une importante introduction d’Élisée Reclus, dans lequel sont alphabétiquement étudiés, au point de vue statistique, économique, historique et monumental, tous les noms de lieux français.

L’entrée « Salles-la-Source » permet une description de la source, des grottes et des cascades en 1902. la dérivation qui permettait de faire fonctionner de moulins avant la révolution et encore deux d’entre eux ainsi que la manufacture au début du XXème siècle, y est évoquée. C’est cette fameuse dérivation qui partait de la « Chaussée Saleilles » (parking à côté du Créneau à Salles-le-haut) jusqu’au pied de la cascade de la Crouzie, qui a été totalement asséchée en 1932 lors de la construction de l’usine électrique :

La Chaussée Saleilles, devenue parking, était le point de départ de la dérivation alimentant les anciens moulins et la manufacture

« Salles-la-Source est un des sites les plus pittoresques de la France et un des points les plus curieux du Rouergue. Le village qui donne son nom à la commune est bâti sur un plateau de tuf qui plonge sur la route par de hauts escarpements, tandis que le bourg, situé sur la route même, domine aussi de haut le fond du cirque.

Salles, qui commande la vallée, est à son tour commandé par de très hautes roches dont le sommet est de plain-pied avec le causse de Rodez.

De l’une de ces roches, sort avec impétuosité, par diverses fissures, un très clair et très rapide ruisseau, le Créneau, qui a pour affluent sur la rive gauche, un torrent sorti des gorges dites Marite et du Loup. Ce torrent souvent à sec, forme après les fortes pluies, de jolies cascades. Le Créneau se réunit au fond de la vallée avec le Faby, qui prend sa source à la fontaine de Souyri.

Arrivé sur le rebord du petit plateau qui porte Salles, le Créneau tombe en cascades ; la plus belle, haute de 20 mètres, et qui est celle que l’on voit le mieux du chemin de fer de Capdenac à Rodez, à l’issue du tunnel de Figeaguet, se précipite du fronton d’une petite grotte creusée dans le tuf, la grotte de Salles.

Du bassin qui le reçoit, le ruisseau se précipite, de cascatelle en cascatelle, jusqu’au fond du val, au travers du Bourg.

Une partie de l’eau a été détournée en amont de la cascade, pour faire mouvoir un moulin et une manufacture de draps, ce qui en temps de sècheresse nuit beaucoup à la beauté de ladite cascade.

Dans les rochers de Salles, existent plusieurs grottes servant après les pluies de trop-plein aux issues souterraines du Créneau : l’une, longue de 500 m est appelée la Gorge au Loup ; l’autre, un peu plus longue, renferme le principal bras du Créneau souterrain ».

 source 1-bPhoto prise lors d’une période et d’une année exceptionnellement pluvieuse. C’est près de cet endroit que coulait la source de Salles avant la construction illégale de la conduite forcée

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