Cascade de Salles-la-Source et « attractivite » de notre territoire

Lors de ses voeux dans la presse, dont nous publions des extraits, Pierre-Marie Blanquet, vice-président du Conseil Général de l’Aveyron, développe sa vision de l’attractivité de nos territoires. Pourquoi voulons nous y vivre et y rester ? Il prend notamment pour exemple… celui de la commune et de la cascade de Salles-la-Source. Il insiste sur le rôle de hommes et des femmes engagées dans des associations pour faire vivre leur territoire. Il en appelle à une vision plus respectueuse de l’opinion de ceux qui sont concernés par certaines décisions politiques et à ne pas « scier la branche sur laquelle nous sommes assis ».

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Pierre-Marie Blanquet devant la cascade de Salles-la-Source (rassemblement du 3 juillet 2010)

 

« Actuellement en nous posant la question de l’attractivité de nos territoires ruraux, nous questionnons implicitement les raisons pour lesquelles nos concitoyens ont choisi de rester ou de venir sur ces territoires.

La qualité de la vie arrive en tête des réponses. C’est donc bien « cette vie » des femmes et des hommes qu’il nous faut mettre au cœur de nos actions en apportant un soutien accru au monde associatif, et en particulier aux associations qui ne se contentent pas de réaliser leur objet social spécialisé mais qui acceptent de l’élargir et de le mettre au service de la collectivité à laquelle elles appartiennent.

Ces regroupements de bénévoles sont nombreux effectifs dans les domaines social, culturel et sportif, ils commencent hélas à s’essouffler et nécessitent de notre part un soutien fort.

Ils sont à la base de la cohésion sociale du monde rural et nos programmes d’intervention pour la ruralité doivent se redéployer vers eux dans le cadre d’une réflexion urgente que nous devons engager avec eux. Pour finir, je me permets de donner trois exemples en forme de propositions sur trois dossiers aveyronnais.

Ils sont révélateurs, à mes yeux d’une vision trop « quantitative » d’un objectif politique qui serait axé uniquement sur l’investissement en oubliant l’aspect « qualitatif » du fonctionnement et de la vie quotidienne des femmes et des hommes.

Mais ils sont également révélateurs d’une vision univoque de la société oublieuse de tous les piliers qui la composent, sans exception, et nécessaires à son fonctionnement harmonieux.

Comme premier exemple, dans le domaine de l’environnement, je donnerai celui de l’eau qui est unanimement reconnue comme un bien indispensable à la vie, et qui pourtant, si l’on n’y prend pas garde peut devenir – même en Aveyron – impropre à la consommation et aux loisirs aquatiques. Ce qui signifie que nous risquons à terme de devenir les victimes de notre propre inconséquence, simplement par absence de réflexion sur les liens existant entre les divers usages que nous en faisons. C’est ce que l’on appelle scier la branche sur laquelle on est assis.

Au-delà de son côté médiatique, le dernier avatar de la cascade de Salles-la-Source est lui aussi révélateur de cette ambiguïté dans laquelle se confondent la valeur marchande de l’eau turbinée et la valeur patrimoniale collective qu’elle représente non seulement pour les habitants du village mais pour tout l’Aveyron et son tourisme.

Nos choix devront être clairs sur ces sujets, sans pour autant en opposer les acteurs dans de stériles débats, mais en mettant tout en œuvre pour les rendre complémentaires au bénéfice de la collectivité. La défense de la ruralité ne passe-t-elle pas par la prise en compte de cette nouvelle demande? En visant la satisfaction immatérielle et collective de ceux qui vivent ici et souhaitent la faire partager par leurs visiteurs, n’est-elle pas, en résumé, ce que nous avons appelé l’attractivité ?

Ces quelques éléments ne sont, sans doute, que des pistes de réflexion qui peuvent paraître irréalistes mais elles· rejoignent ·les principes fondamentaux du développement durable et je ne peux me résoudre à l’idée que le concept de durabilité invoqué à longueur de temps, ne reste qu’un concept et ne soit pas associé à notre détermination de garder ce monde· rural durablement vivant.  »

 

Pierre-Marie Blanquet
Centre-Presse 17 janvier 2011

 

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